RDC : l’accord de la CENCO laisse un goût amer

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La grande majorité des congolais ont manifesté pour demander à Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son mandat constitutionnel le 19 Décembre 2016.  Les dernières manifestations ont fait plusieurs dizaines des morts et des centaines d’arrestations à travers toute l’étendue du pays.

Que le dialogue facilité par la CENCO aboutisse à un accord qui prolonge la présidence de Kabila pour un an va choquer un très grand nombre des congolais qui tenaient au départ, et non à la récompense de celui qui a tout fait pour mettre le pays à feu et à sang.

De ce point de vue, l’accord de la CENCO laissera nécessairement un goût amer alors que les congolais n’ont même pas encore enterré les morts et retrouvé les disparus, les prisonniers et les exilés.  S’il est vrai que le dialogue passe par le compromis et que Kabila n’a pas encore été évincé par une révolution populaire, empêchée de justesse par l’arsenal militaire de Kabila, tout accord qui prolonge le séjour de Kabila à la tête de la RDC sera ressenti par le peuple congolais comme un échec, une capitulation.

En dépit de l’accord de la CENCO, le peuple congolais se réservera le droit de faire justice à l’égard de tous ceux qui ont semé la mort et la désolation pour s’accrocher au pouvoir.

RDC: Kabila au pouvoir jusqu’en novembre 2017 ?

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Les évêques catholiques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qui mènent le dialogue de la dernière chance en République démocratique du Congo ont été clairs mercredi soir. Quoi qu’il arrive, ils clôtureront le dialogue ce vendredi afin de pouvoir retourner dans leurs paroisses à l’occasion des fêtes de Noël. Ils avaient aussi prévenu qu’en cas d’échec, ils n’hésiteraient pas à en « tirer les conclusions et à pointer du doigt publiquement les responsables ». Ce jeudi, les règles du dialogue ont été modifiées pour le rendre plus compact.

Les évêques ont limité chaque camp à 5 représentants. Côté majorité présidentielle, les seconds couteaux présents jusqu’ici au dialogue ont fait place aux cadors. Aubin Minaku (président du parlement), Kalev Mutond (patron du service de renseignements) et André Kimbuta (gouverneur de la ville-province de Kinshasa) étaient notamment face aux évêques en fin de matinée.

Pourquoi la mobilisation des gros bras de la kabilie ? « Parce que Kabila a compris qu’il était temps d’arrêter de jouer au plus malin », tente d’expliquer un membre de l’opposition qui ne cache pas que la mobilisation « de ces proches du président est aussi la preuve que les négociations vont rentrer dans le dur. Il va falloir être très prudent, les pièges ne vont pas manquer ».

Avancées prudentes

Quatre grands points étaient inscrits sur la feuille de route : la non candidature de Joseph Kabila à un troisième mandat, la non modification de la constitution, le calendrier de la présidentielle et l’architecture institutionnelle à mettre sur pied pour encadrer le processus.

Sur le premier point, le message des kabilistes était habituel « le président a toujours dit qu’il respecterait la constitution », explication de la même veine pour la non modification de la constitution. Pour le calendrier, la majorité avait obtenu la date du mois d’avril 2018 pour la tenue des élections lors du dialogue de l’OUA. Une date imbuvable pour l’opposition qui exige le scrutin au printemps ou en été 2017. Un compromis serait sur la table pour novembre 2017.

C’est sur le quatrième point, celui de l’architecture institutionnelle, que les lignes ont le plus bougé. Dans le nuit de mercredi à jeudi, les évêques ont rendu visite au vieux leader Etienne Thisekedi. Une discussion nocturne qui a débouché sur une vraie surprise, le patron de l’UDPS, qui a toujours affirmé qu’il était le vrai vainqueur de la présidentielle de 2011 et qu’il déniait toute autorité à Joseph Kabila, a accepté un principe de cohabitation entre la fin de ce dialogue et la tenue de la présidentielle en 2017. En échange de cet accord, Etienne Tshisekedi dirigerait le Conseil national de Transition (une terminologue refusée par le trio de la majorité parce qu’il rappelle trop le scénario tunisien ou centrafricain après le déboulonnage du président en place). Outre la difficulté de trouver un nom, il faut encore circonscrire le pouvoir de ce nouvel organe de la transition. Pour la majorité, pas question de lui accorder la moindre mission de l’exécutif, qui resterait donc entre les mains de Kabila.

Qui comme Premier ministre ?

Les jours de Samy Badibanga à la Primature pourraient déjà être comptés. Dans ce nouveau « big deal à la congolaise », le poste de Premier ministre serait toujours destiné à l’opposition. Mais quelle opposition ? Pour le clan Tshisekedi, le poste devrait revenir à l’UDPS. Le nom de Félix Tshisekedi arrive donc sur la table… pour le plus grand bonheur de la majorité qui flingue l’arrivée du père et du fils à deux organes supérieurs de la nation. Et c’est ici que commence un nouveau débat sur le terme opposition et ceux qui peut prétendre relever de cette qualification. Pour l’UDPS, il s’agit du «Rassemblement de l’opposition », pour la majorité, tous ceux qui ne sont pas dans l’actuelle majorité.

Le blocage sur cette question est sérieux et pourrait crisper au sein des rangs de l’opposition.

Mais le clergé catholique n’a pas le choix, il doit aboutir sus peine d’être sanctionné durement par le peuple. Dans le Congo Central, à Boma, des manifestants n’ont pas hésité à incendier une église parce qu’ils considéraient que les représentants catholiques les avaient trahis en ne poussant pas Joseph Kabila vers une porte de sortie.

Tensions dans le Katanga

Pendant que les négociations se poursuivaient à Kinshasa, une « opération porte à porte » selon l’expression d’un témoin, se déroulait à Lubumbashi, dans la commune de Katuba et en particulier dans le quartier de Mutshipisha-Gbadolite. Militaires et policiers étaient descendus en force dès 4h du matin pour arrêter tous les jeunes hommes qui étaient ensuite chargés dans un camion et emmenés vers une destination inconnue. La veille, le gouverneur du Haut-Katanga, Jean-Claude Kazembe Musonda, s’était rendu dans cette commune qui avait été très active lors des manifestations du 20 décembre. Le gouverneur voulait démontrer qu’il avait repris les choses en main. Mal lui en a pris, il a été contraint de rebrousser chemin, chassé par les habitants armés de tout ce qu’ils pouvaient ramasser à même le sol. Pour beaucoup d’observateurs, cette descente des forces de l’ordre et l’enlèvement de dizaines de jeunes hommes s’expliquent par la colère du gouverneur.

Par ailleurs, plus au nord mais toujours dans l’ex-province du Katanga, à Manono, l’évêque du diocèse, Mgr Vincent de Paul Kwanga, a lancé un SOS jeudi face aux « attaques répétées » qui rythment le conflit entre les communautés Pygmée et Bantou dans la région. Au-delà des victimes directes des attaques, il y a un “risque humanitaire causé par la faim et les épidémies” parmi les nombreuses personnes qui fuient ces violences, a-t-il souligné, à trois jours de la fête de Noël.
Manono, située à 480 km au nord de Lubumbashi, accueille selon lui plus de 50.000 déplacés. Selon le Bureau diocésain de Justice et de Paix (BDJP), la dernière attaque en date, menée mardi par des Pygmées à Manono, a fait 40 morts et 125 blessés.”En tant qu’Eglise catholique, nous demandons aux autorités nationales et provinciales compétentes d’assurer la protection des personnes et de leurs biens. (…) La population meurt sous le regard passif de l’armée et de la police”, a déclaré dans un communiqué l’abbé Alain Kabange, directeur du BDJP.
Il a également “déploré la passivité des Casques bleus de la Mission de l’Onu pour la Stabilisation du Congo (Monusco), qui se seraient retranchés dans leur base lors de cette attaque” mardi. Les assaillants “ont marché sur quatre kilomètres en tirant partout sans aucune réaction”, a affirmé Mgr Kwanga, en rappelant le “rôle de protection des civils” dévolu à la Monusco.

Pour en savoir plus: http://www.lalibre.be/actu/international/rdc-kabila-au-pouvoir-jusqu-en-novembre-2017-585c4d8acd7014981b3f97c0

RDC: L’ANR ET LA GARDE REPUBLICAINE ONT PIEGE FRANCK DIONGO SHAMBA

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Les faits se sont passés comme suit: vers 15h00 ce Lundi 19 décembre 2016. Trois éléments GR habillés en civil débarquent dans le quartier de Franck DIONGO et demandent aux jeunes gens son adresse. Les jeunes du quartier les suspectent et les approchent pour qu’ils s’identifient. Après une longue discussion, les jeunes du quartier finissent par les maîtriser et découvrir sur eux des cartes de militaires GR et deux pistolets. C’est comme ça que les jeunes du quartier vont les acheminer chez Franck DIONGO et ce dernier va demander à ce qu’on ne les malmenent pas et qu’ils soient protégés dans sa parcelle en attendant l’arrivee des éléments de la Monusco et des autorités militaires pour les récupérer et écouter le témoignage de ceux qui les avaient appréhendés.
Pendant que les membres de la Monusco, conduits par le Directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’homme, qui étaient arrivés et avaient commencé à écouter les témoignages de ceux qui avaient vécu les faits, trois camionnettes des militaires GR armés jusqu’aux dents vont surgir et encercler la résidence de Franck DIONGO. Leur commandant va ordonner à ses hommes d’arrêter Franck DIONGO et ses deux gardes de corps ainsi que les autres jeunes qui étaient suspectés comme ayant participé à ce qu’il a appelé “enlèvement, séquestration et torture des militaires”.

Les membres de la Monusco qui avaient tenté de mener leur médiation ont été menacés de subir la brutalité. L’un de membres de la Monusco à vu même son téléphone confisqué provisoirement parce qu’il avait voulu faire rapport au téléphone à sa hiérarchie. Enfin, ils ont été contraints, à la demande de la hiérarchie de la Monusco, de quitter les lieux.

C’est ainsi que les militaires vont embarguer Franck DIONGO ainsi que ses deux gardes de corps et les acheminer au camp Tshatshi. Selon les informations en notre possession, ils ont été torturés, puis acheminés à la DEMIAP et enfin deux heures plus teard à l’ANR. C’est là qu’ils sont détenus et le PGR et le Premier Président de la Cour Suprême de Justice sont déjà instruits par Kalev Mutond pour qu’ils les jugent demain suivant la procédure de flagrance et qu’ils soient condamnés à de fortes peines. Joseph Kabila et Kalev Mutond ont choisi d’utiliser cette tactique pour réprimer les opposants. Donc, contrairement aux bruits qui ont circulé ce soir, Franck DIONGO et les autres ne sont pas libérés. Nous devons les soutenir dans cette répression dont ils sont victimes de la part de Kabila et ses services.

Sisco Mayala.

RDC: Les congolais exigent le départ de Joseph Kabila devenu illégal et illégitime

Ce mardi 20 Décembre 2016, des manifestations se sont poursuivies à travers les grandes villes de la République Démocratique du Congo. Les congolais exigent le départ de Joseph Kabila du pouvoir. Celui-ci entend se maintenir au pouvoir par la force. Il a déployé un fort arsénal militaire à travers la République. Les militaires et les policiers tirent à balles réelles sur des paisibles citoyens qui protestent de manière pacifique.

Joseph Kabila est resté silencieux et invisible. Certaines sources disent qu’il s”etait déplacé vers l’Est à la frontière avec l’Ouganda la veille du jour fatidique du 19 Décembre. Pour neutraliser la résistance contre lui et continuer à entretenir la distraction et la diversion, il a annoncé le gouvernement de Badibanga le 19 Décembre, quelques heures après minuit, alors que les congolais sifflaient de partout pour marquer la fin de son mandat constitutionnel. Plusieurs congolais considèrent que le gouvernement de Badibanga est  un non-événement et qu’il ne contribuera en rien à résoudre la crise à sa racine.

Ce qu’exigent les congolais c’est le respect de la Constitution, le départ de Kabila, et la certitude sur des élections à organiser le plus tôt possible, de préférence en 2017 car la chose est techniquement possible.

Nous montrons ci-dessous quelques photos de Kinshasa, Lubumbashi, Kananga, et Goma.

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ci-dessous une élève de 16 ans atteinte par des balles réelles tirées par les forces de Joseph Kabila à Lubumbashi.

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Un jeune blessé grièvement par balles réelles des forces déployées par Joseph Kabila contre le peuple congolais qui réclame pacifiquement le respect de la constitution.

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Les étudiants de l’UNIKIN qui ont été empechés de manifester ont fini par brûler leur bus.

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Le siège du PPRD de Matete a été mis à feu par les manifestants.

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Les forces déployées par Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir n’hésitent pas à blesser et tuer. Voici quelques illustrations. On compte déjà plusieurs dizaines des morts et des blessés et des centaines d’arrestations. Un bilan plus précis est difficile à établir pour le moment.

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Quelques militaires et policiers ont été tués à Lubumbashi.

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#RDC Tweets du jour: Lundi 19 Décembre 2016 #Kabila_Dégage #Carton_rouge -suite

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Notes sur notre rubrique “Les tweets du jour”:

Nous vous présentons cette série des tweets que nous avons sélectionné sur le réseau social Twitter. Les Tweets qui retiennent notre attention sont particulièrement ceux qui présentent au moins une des caractéristiques suivantes:

* dénoncent les abus de pouvoir

* dénoncent les violations des droits de l’homme

* donnent la voix aux victimes et personnes marginalisées

* réagissent de manière critique aux questions d’actualité

* attirent l’attention des gouvernants sur des questions négligées ou ignorées

* livrent une information vérifiable

Nous ne sélectionnerons pas les tweets:

* Qui incitent à la haine, à la violence ou à quelque forme de discrimination que ce soit.

* Qui visent en priorité à promouvoir un parti politique, regroupement politique ou un leader d’un parti politique.

Nous vous encourageons à envoyer un tweet sur tout ce qui se passe dans votre environnement immédiat et sur votre lecture des événements socio-politiques. Exprimez-vous avec liberté et creativité. C’est votre droit et votre devoir en tant que citoyen libre. Construisons ensemble un pays plus beau qu’avant, un Etat de droit, Une Démocratie au coeur de l’Afrique, Un Monde Juste qui bénéficie à tous et à chacun.

Il est préférable que votre tweet se compose d’une image expressive et d’un texte clair. Ajouter le hash tag #lecongolais.net ou @LecongolaisNet

Nous archiverons votre tweet sur notre site web et nous le disséminerons largement à travers facebook et les groupes de facebook pour une plus grande visibilité de votre tweet. De cette manière votre message atteint le plus grand nombre de personnes possible et vous contribuez à la sensibilisation de l’opinion nationale et internationale.

Nous sommes toujours très heureux de lire votre tweet et de le relayer à travers nos réseaux. Merci d’avance. N’oubliez pas de suivre sur Twitter en cliquant sur le lien suivant: www.twitter.com/LecongolaisNet

Mazembo Mavungu Eddy

Docteur en Sciences Politiques de l’Université de Witwatersrand, Afrique du Sud

Fondateur de Lecongolais.net (News, Analysis, Research and Publishing) et de Diela Information Systems (Web Solutions)

Co-Fondateur et Ancien Directeur Exécutif du Forum des Organisations Congolaises en Afrique du Sud (FOCAS)

Co-Fondateur et Membre du comité exécutif de Congo Renaissance (ONG)

Auteur des plusieurs publications scientifiques:

Politique et Territoire en République Démocratique du Congo: Une Analyse du processus d’installation des nouvelles provinces , Congo-Afrique, 55ème Année, No 499, pp. 724-745.

Stay in power whatever it takes: fraud and repression in the 2011 elections in the D.R. Congo. Journal of African Elections, 2013, Vol. 12, No 3. Available online at:

https://www.academia.edu/6107204/Stay_in_power_whatever_it_takes_fraud_and_repression_during_the_2011_elections_in_the_Democratic_Republic_of_Congo

Difficile autonomie, in Amboise Kom (dir), Fabien Eboussi Boulaga: la philosophie du Muntu, Karthala, Paris, 2009, 61- 77. Available online at: https://www.academia.edu/6107482/Difficile_Autonomie_une_lecture_de_la_Crise_du_Muntu_de_Fabien_Eboussi_Boulaga

Children, families and the conundrum about men: exploring the causes of father absence in South Africa and its implications for social and care policies’ (Co-author with Leila Patel), South African Review of Sociology, Vol 47, No 2, pp. 19-39.

Frontiers of power and prosperity: explaining provincial boundary disputes in post-apartheid South Africa. African Studies Review, Vol.59, No 2, pp. 183-208.

Provider Expectations and father involvement: learning from experiences of poor “absent fathers” in Gauteng, South Africa, African Sociological Review, 2013, Vol. 17, No 1, pp. 65 – 78. Available online at:

https://www.academia.edu/6107229/Provider_expectations_and_father_involvement_learning_from_experiences_of_poor_absent_fathers_in_Gauteng_South_Africa

Ideological clashes behind provincial boundary disputes in post-apartheid South Africa, South African Journal of Geography, Vol. 94, No 1, pp. 60-74, 2012. Available online at:

https://www.academia.edu/6107439/Ideological_clashes_behind_provincial_boundary_disputes_in_post_apartheid_South_Africa

The colonial legacy of international voluntary service, Community Development Journal, 2012, 48 (2), pp. 179-196.  (co-author). Available online at:

https://www.academia.edu/6107493/Colonial_legacy_of_international_volunteering

 

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