RDC: VOICI POURQUOI LE POUVOIR S’AGITE CONTRE LA CENCO.

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Le week-end passé, la presse écrite et celle audio-visuelle nous ont inondé des communiqués au vitriol contre les évêques catholiques qui auraient pris position devant le flou politique faisant suite à la nomination de Bruno Tshibala. Pourquoi une telle agitation du régime de Kabila devant une pareille évidence ? Que voudrait bien cacher cet acharnement politique contre les prélats qui n’ont rappelé que la vérité des faits?

1. En éventrant le boa, les évêques ont mis à nu la roublardise du régime en place.

Ils ont donc remis les pendules à l’heure en précisant l’esprit et la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre en rappelant qu’eux, les anciens facilitateurs à la base de l’accord de la Cenco, ne reconnaissent qu’un seul rassemblement, celui piloté par Félix Tshisekedi et que par conséquent la nomination de Bruno Tshibala en dehors de cette plate-forme politique devient bel et bien une entorse à l’accord tel que stipulé le 31 décembre 2016.

Cette position clairement exprimée des évêques a soulevé un tollé de la part du régime qui a vite repris l’argument de la laïcité de l’État congolais et de l’incapacité tout autant juridique que constitutionnelle des évêques catholiques à s’opposer à la ligne politique du gouvernement. D’autres les ont taxés de ne pas se mettre au milieu du village et de rouler pour le compte du Rassemblement contre la majorité présidentielle. D’autres encore sont carrément passés à l’injure facile pour souiller l’autorité morale des pasteurs catholiques.

La vérité est que Joseph Kabila et les siens ont cru jouer au malin en croyant appliquer vis-à-vis de l’église, le schéma de débauchage pour affaiblir l’adversaire et de là imposer son plan machiavélique. Durant la longue transition consécutive aux travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), Joseph-Désiré Mobutu avait réussi à bâillonner les aspirations profondes du peuple en créant le même scénario que nous observons ce temps dernier.

Au moment où il fallait appliquer les accords de la CNS, il nomma à la surprise de tous, un transfuge de l’UDPS, Faustin Birindwa comme premier ministre en lieu et place de son compagnon de lutte Étienne Tshisekedi, qui était coopté par les forces de l’Union Sacrée de l’Opposition radicale (Usor). Ce qui accentua la crise politique, divisant irrémédiablement le pays en deux camps, notamment celui de la mouvance présidentielle et ses partis politiques satellites d’une part et de l’autre part, celui de la vraie opposition radicale jumelée à la majorité du peuple zaïrois de l’époque.

Depuis le 5 avril où Joseph Kabila a franchi le Rubicon de la légalité en nommant à son tour à la surprise de tous, un autre transfuge de l’UDPS, Bruno Tshibala en lieu et place de Félix Tshisekedi, coopté par le véritable Rassemblement de l’opposition (Rassop), nous sommes en train de revivre le scénario qui avait plongé jadis le pays dans un chaos indescriptible entre 1992-1997. Et ce, avec raison d’autant plus que de nombreux conseillers de l’ombre de Kabila semblent être ceux-là mêmes qui avaient alimenté jadis l’entêtement de Mobutu jusqu’à sa fuite le 16 mai 1997.

En prenant leur courage de prendre position et de dénoncer les déviations politiques de partenaires de l’Accord du 31 décembre 2016, les évêques expriment clairement leur refus de voir se prolonger ad æternam une crise qui aggrave davantage une situation sociale déjà trop précaire pour le petit peuple et dont se moque éperdument les « mercenaires » et “kuluna” au pouvoir.

L’on se trouve ainsi devant deux visions de l’avenir du Congo : d’une part, les évêques qui veulent porter le pays vers un état démocratique et prospère par la mise en œuvre de l’accord de la Cenco et d’autre part, le pouvoir de Kabila qui travaille farouchement pour le statu quo et pour le maintien en poste du président sortant pour une durée indéterminée et ce, dans un cadre extra-constitutionnel.

2. Les armes de Kabila pour parvenir à ses fins.

Du point de vue de Kabila et de sa famille politique, la voix des eveques s’avère discordante vis-à-vis du gros mensonge qu’ils ont décidé à faire passer dans l’opinion nationale et internationale et selon lequel le nouveau nommé premier ministre est bel et bien un représentant légitime de l’opposition congolaise. Le déni des pasteurs catholiques dérange et jette un grain de sable dans la machine de propagande politique du pouvoir en place.

Pour châtier l’audace des évêques à vouloir à tout prix défendre la vérité historique jugée contreproductive à ses desseins politiques, la majorité présidentielle ne se contente plus de simples critiques acerbes et des injures faciles.

Kabila a fait de Kinshasa et d’autres villes jugées à haut risque pour son pouvoir, des citées assiégées par des forces militaires et policières et même par des milices étrangères.

Il est devenu si facile d’assimiler la méthode de terreur que les sbires de Kabila ont mise en œuvre depuis quelque temps, en mettant à sac des églises et des couvents religieux catholiques et en commanditant le pillage des séminaires et d’autres maisons de formation ecclésiastique, avec l’objectif clair de démystifier des personnes consacrées et de déstabiliser l’organisation interne de l’église jugée trop puissante et nuisible à leurs goûts.

Au Kassaï, plus précisément dans les diocèses de Kananga, de Mbuji-Mayi, de Luiza et de Luebo, les membres du clergé tout comme des infrastructures publiques et ecclésiastiques comme les écoles, les hôpitaux et autres, sont devenus des cibles numéro un du pouvoir. A Kinshasa, notamment à Limete et à Ngaliema, ils ont carrément vandalisé des églises et des tabernacles où siège le Roi des rois.

Dans l’entendement des commanditaires de ces sales besognes, cette intimidation pousserait les bergers (évêques) sinon à la retenue du moins au silence et à la peur de parler.

Au regard de l’accueil général du travail de facilitation des évêques de la part des masses populaires congolaises et de la reconnaissance par la communauté internationale de l’Accord de la Cenco coulé sous forme de Résolution 2348 du conseil de Sécurité de l’ONU, le pouvoir de Kabila a décidé d’utiliser l’artillerie lourde via une intense activité diplomatique qui, depuis, pousse She Okitundu, le ministre des affaires étrangères, à passer d’un avion à un autre pour aller au bout du monde défendre Kabila et son régime dont la chute politique semble déjà programmée d’après les articles l’Accord de la Saint Sylvestre.

La dernière visite d’une délégation de la SADC à Kinshasa et le récent voyage de Kabila en Égypte et au Gabon s’inscrivent tous dans cette démarche diplomatique consistant à chercher des soutiens régionaux et internationaux à l’échelle africaine.

Outre cet instrument diplomatique, le régime utilise son arme légendaire des divisions des congolais des uns des autres, créant confusion et dissension, même auprès de ce recours religieux qui reste comme seule référence morale crédible pour les populations congolaises qui se sentent carrément abandonnées par leurs dirigeants politiques.

Tenez! Hier lundi 24 avril 2017, nous avons pris connaissance du communiqué officiel lu par le révérend Elebe Kapalay, représentant de l’Église Kimbanguiste et porte-parole des chefs de confessions religieuses de la RDC. Au nom de ses pairs, ce dernier appelait tous les acteurs politiques et sociaux concernés par l’accord de la saint Sylvestre à collaborer avec le premier ministre Bruno Tshibala nommé par le président Joseph Kabila.

« Les chefs des confessions religieuses exhortent les acteurs politiques et sociaux, toutes tendances confondues, au dépassement de soi et à se mettre autour de Monsieur Bruno Tshibala Nzenzhe nommé Premier ministre, chef du gouvernement par le chef de l’État, après plusieurs mois d’atermoiements de la classe politique pour former le gouvernement d’union nationale devant rapidement amener le peuple congolais aux élections », a déclaré ce collectif religieux dans un communiqué conjoint.

Il faut noter que cette déclaration publique a été signée par tous les représentants des confessions religieuses congolaises, à l’exception de l’église catholique.

En d’autres termes, le pouvoir veut signifier à l’opinion congolaise que la parole de l’église catholique si minorée n’est pas parole d’évangile et que n’étant pas la seule église en RDC, sa position doit être tenue pour négligeable par rapport à la voix de toutes les autres confessions religieuses. En langage démocratique, c’est la majorité des confessions religieuses qui a parlé et qui est sensée avoir raison et que dans le cas échéant, le message subliminal consiste à suggérer au peuple congolais de pouvoir bien en tirer les conséquences logiques.

En encourageant cette rencontre des confessions religieuses, le pouvoir de Kinshasa vise au fond à isoler la Cenco et à affaiblir son opiniâtreté à défendre la vérité et les acquis de l’accord de la Cenco. En isolant la Cenco, c’est surtout à l’esprit et à la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre que ce pouvoir entend s’attaquer pour lui porter une estocade finale. Toutes les manœuvres dilatoires à son actif s’inscrivent dans la droite ligne d’imposer à la nation entière, une nouvelle base juridique, autre que l’accord de la Cenco, pour s’imposer soi-même comme la seule alternative politique possible.

3. La stratégie de la Cenco pour déjouer la perfidie de Kabila.

Lorsqu’en septembre 2016, Joseph Kabila avait demandé aux évêques d’assurer la mission de facilitation entre les forces politiques de la RDC, il avait commis une grave erreur d’appréciation entre la force de l’église réunie en collège épiscopal et la faiblesse de l’un ou l’autre évêque isolé avec qui il a pu s’attacher des faveurs ou qu’il a réussi à manipuler de temps en temps à sa guise. Il avait commis la méprise de sous-estimer la corporation des évêques et de croire qu’il les manipulerait aussi facilement qu’il le fait des opérateurs politiques ou des chefs des confessions religieuses dont il a acheté depuis des lustres la conscience et la soumission tacite à ses ordres.

En réalité, ce n’est pas pour sortir le pays de la crise qu’il avait fait appel aux évêques. C’est uniquement pour trouver un cadre propice qui l’aiderait à franchir sain et sauf le cap du 19 décembre 2016 qui signait la fin de son mandat et de là se donner une certaine légitimité qui lui était désormais refusée par la Constitution.

Les évêques, eux par contre, appréciaient autrement le rôle leur assigné. En acceptant cette mission de bons offices, ils se concentraient plutôt sur deux objectifs fondamentaux : primo, préserver au peuple congolais le bain de sang qui s’annonçait à l’horizon avec la surmilitarisation de la capitale kinoise et secundo, trouver, via un consensus entre opérateurs politiques, un cadre légal qui porterait le peuple congolais vers des élections présidentielles en décembre 2017, sans plus jamais Joseph Kabila comme candidat.

La signature de l’Accord de la Cenco qui établit la cogestion de la transition entre la majorité présidentielle et l’opposition et l’acceptation officielle par Kabila de ne plus se présenter aux prochaines élections présidentielles est une des grandes victoires politiques à mettre à leur compte. Sur les moyens et longs termes, les évêques sont arrivés à battre sans coup férir, juste avec les armes du droit et de la raison, un Joseph Kabila surarmé, qu’ils entendent descendre progressivement de son piédestal sans crépitement d’armes. Ils arrivent tant bien que mal à neutraliser toute son armada militaire, rendant celle-ci obsolète dans le nouvel environnement politique de l’Accord signé le 31 décembre 2016. Ils ont pu par conséquent opposer à la loi de la force, la force de la loi qui jetterait les bases à un Congo démocratique nouveau.

Et lorsque Joseph Kabila cherchera à reculer par rapport aux engagements pris publiquement, il sera trop tard. Les évêques passeront à la vitesse supérieure en prononçant à l’ONU un discours dans lequel ils affirmeront clairement devant l’opinion internationale qu’en RDC toutes les institutions (présidence de la république, gouvernement, parlement etc.) sont déclarées caduques depuis le 19 décembre 2016 et ne tirent plus présentement leur légitimité que dans le cadre de l’Accord de la Cenco qui passera quelques jours plus tard sous forme de la Résolution 2348 de l’ONU.

Lorsque le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Nshole, a tenu vendredi 21 avril 2017 une conférence de presse au cours de laquelle il a lâché cette phrase assassine (« la nomination de Bruno Tshibala constitue une entorse à l’Accord de la Saint Sylvestre »), l’opinion congolaise était loin de savoir que ce prélat reprenait mot à mot la formule des archevêques et évêques qui venaient d’achever le jeudi 20 avril 2017, soit un jour avant, leurs assises extraordinaires sur la crise politique actuelle. Ces derniers venaient de publier un texte musclé avec un intitulé très évocateur « Proclame la Parole de Dieu, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte avec une patience inlassable et un souci d’instruire » 2 Tm 4, 2

Quel est au juste l’objet de leur refus et de leur menace ? D’après leur avis et considération, l’actuel chef du gouvernement a été nommé sans consultation préalable entre le chef de l’État et le chef de la délégation du Rassemblement. Et dans ce contexte, le fait de sortir du compromis convenu entre les parties prenantes ne serait rien d’autre que violer l’accord de la Saint Sylvestre.

Outre cette mise au point on ne peut plus claire sur les racines de la crise politique actuelle, les évêques congolais sont passés au plus concret. Ils ont officiellement lancé un vaste mouvement de vulgarisation de l’Accord du 31 décembre 2016.

Pour ce faire, ils ont remis sur le champ de bataille, la commission épiscopale Justice et Paix pour défendre le contenu de l’Accord de la Saint Sylvestre. Depuis hier lundi 24 jusqu’au jeudi 27 avril prochain, les animateurs de la commission Justice et Paix (CEJP), sous la délégation de la Conférence Épiscopale nationale du Congo, s’emploient à dynamiser le processus d’appropriation nationale de l’Accord politique Global et Inclusif de la Saint Sylvestre 2016.

Concrètement, la Cenco via son organe CEJP, a inauguré hier à Kinshasa, une grande rencontre nationale réunissant toutes les commissions diocésaines Justice et Paix disséminées sur tout let territoire national et en même temps tous les noyaux de la Dynamique Femme pour la Paix. L’objectif principal de ces assises, c’est l’appropriation des fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre et la mise en œuvre d’une synergie d’actions dans tous les diocèses tendant à booster toutes les forces vives de la nation vers un sursaut démocratique.

Pour être plus clair, le secrétaire de la CEJP, le père Clément Makiobo, a exprimé avec insistance, toute la détermination de l’Église Catholique à ne pas se taire face à la violation des droits de l’homme qui a basculé le peuple congolais dans une misère indescriptible. Pour les évêques congolais, la RD Congo n’appartient pas à un groupe d’individus ou à un club d’amis, mais à la nation congolaise tout entière. Ceci dit, la gestion du patrimoine national et les dividendes de cette gestion doivent être l’affaire de toutes les filles et de tous les fils du pays.

L’Église catholique démontre par là jusqu’à quel point elle entend exercer sa mission prophétique envers et contre tout, se décidant à accompagner le peuple congolais dans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre, qui est la seule voie pour porter le peuple vers un état de droit et vers les élections démocratiques.

Les évêques présentent pour cela un carton rouge à toute tentative de manipulation de l’Accord pour des intérêts partisans. Ils présentent clairement leur veto à toute tentative de passage en force de la part du pouvoir en place. Ils se constituent désormais en contrepouvoir contre tous ceux qui mettent leurs intérêts oligarchiques au-dessus de ceux de la collectivité.

D’aucuns se demandaient encore il y a quelques semaines en quoi consistait le plan B des évêques congolais. En lisant attentivement les lignes directrices de cette nouvelle dynamique de la commission épiscopale Justice et Paix, on n’a plus besoin d’être très intelligent pour le comprendre et le voir venir…

Source: CODE243 Facebook

RDC: Muanda Nsemi est arrêté à Kinshasa au bout d’une opération musclée | @lecongolaisNet

Muanda Nsemi est arrêté à Kinshasa au bout d’une opération musclée. Chef Spirituel de Bundu -dia- Kongo et Président du parti politique Bundu -dia- Mayala, Muanda Nsemi est au coeur des dernières contestations contre le régime de Kabila qu’il a pourtant autrefois soutenu. Il a en vain réclamer un poste ministériel de premier plan au sein du gouvernement de Samy Badiabanga. Ces frustrations mêlées aux dissensions internes avec son ancien vice-président Mantezolo ont été à la base d’affrontements entre la police et les adeptes de BDK à Kinshasa et dans le Kongo Centrale, causant plusieurs dizaines des morts. Dans ses dernières sorties médiatiques, Muanda Nsemi a traité Joseph Kabila de rwandais et appelé le peuple congolais à le chasser de la RDC. Des propos qui ont fait de lui la cible des  forces de Kabila qui assiègent sa résidence il y a plus d’une semaine.

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RDC: Les évêques dénoncent les attaques contre le patrimoine de l’Eglise

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Message de S.E.Laurent Cardinal Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa
Kinshasa, le dimanche 19.02.2017

Chers Frères et sœurs,

1. Avec toute la nation et l’ensemble de notre peuple, nous nous inclinons devant la mémoire du Président Etienne Tshisekedi, l’icône de la démocratie.
2. Cependant, ces derniers temps, la situation sécuritaire reste préoccupante en RD Congo en général, et à Kinshasa en particulier. Il y a un regain de peur, de colère, voire d’incertitude. Nous avons appris avec indignation, le samedi 18 février 2017 l’incendie d’une partie du Grand Séminaire de Malole par des inciviques, qui ont semé la terreur chez les sœurs carmélites voisines dudit séminaire à Kananga, dans la province de Kasaï Central. On note aussi des propos discourtois à l’endroit des autorités de l’Eglise catholique (cfr le passage de jeunes gens le mardi 7, le vendredi 10 et le samedi 11 février 2017 à l’Archevêché de Kinshasa, créant ainsi une atmosphère de panique). De plus, le dimanche 19 février 2017, la paroisse saint Dominique de Limete a été visitée par une vingtaine de jeunes gens mal intentionnés. Ils ont profané l’église : ils ont renversé le tabernacle, l’autel a été sérieusement saccagé, des bancs ont été cassés, jusqu’à vouloir incendier l’église. Le dégât matériel est important. La communauté des Pères Oblats à la 10ème rue résidentielle n’a pas été épargnée. Nous stigmatisons et condamnons avec force ces actes qui frisent la barbarie.

3. Ces événements laissent croire que l’Eglise catholique est visée, de manière intentionnelle, pour torpiller sa mission de paix et de réconciliation, au moment où la Cenco poursuit sa mission de bons offices au centre interdiocésain. En communion avec la Cenco, nous soutenons sa démarche et tous ses efforts pour l’avènement d’un Etat de droit afin que les institutions destinées à gérer le pays soient mises en place, pour améliorer les conditions de vie du peuple congolais, dont la misère ne fait que s’accentuer, et garantir les libertés fondamentales et la dignité humaine.

4. Pour rappel, la Cenco ne joue qu’un rôle de médiateur. Il appartient aux hommes politiques de reconnaître avec humilité, devant la nation et la communauté internationale, leur velléité politique et la turpitude de leurs choix nombrilistes qui conduisent à l’impasse ou au blocage des institutions. Ils en assumeront la responsabilité devant l’histoire.
5. Nous invitons instamment les uns et les autres à faire preuve de sagesse, de retenue, d’esprit démocratique pour résoudre la question relative à la désignation du Premier ministre et aux autres questions connexes, en vue de décanter la crise qui ne fait que durer et risque de mettre en péril la tenue des élections prévues à la fin de cette année selon les accords de la Saint Sylvestre dont le peuple congolais attend urgemment l’application.

6. Avec tous les évêques, nous dénonçons ces actes de violence susceptibles de replonger notre pays dans un chaos indescriptible. Nous invitons les autorités de notre pays à arrêter cette tension et à assurer la protection des biens et des personnes, surtout le patrimoine de l’Eglise catholique qui est fortement visé.
7. Puisse le Seigneur accorder à notre pays une paix durable dans la justice, la vérité et l’amour du peuple, pour lequel le Président Etienne Tshisekedi a combattu sans relâche. Ne souillons pas sa mémoire. Aussi lui rendons-nous un hommage mérité, tout en priant pour son salut éternel. Que la Vierge Marie, Mère du Rédempteur, Notre Dame du Congo et Reine de la Paix, nous obtienne de son Fils, la Paix en abondance.
+ L. Card. Monsengwo Pasinya
Archevêque

RDC: Kabila refuse de signer l’accord et entend organiser un référendum

kabila-2016-12-29

Trois semaines de palabres pour rien. Les évêques de la CENCO (conférence épiscopale natioanle du Cogo) qui ont tenté d’arracher un accord entre majorité et opposition pour éviter le chaos en République démocratique du Congo, sont sortis ce jeudi soir sans mot dire de leur dernière rencontre avec le président Kabila dont le second et dernier mandat s’est terminé le 19 décembre dernier.

Alors que depuis dix jours ces évêques annoncent qu’ils sont sur le point d’obtenir la signature d’un accord de partage du pouvoir pendant une période de transition devant amener le pays vers des “élections apaisées et démocratiques”, ils se sont fait éconduire sans ménagement jeudi soir par le président Joseph Kabila qui leur a annoncé qu’il n’entendait signer aucun accord et qu’il allait organiser un référendum populaire. Comme pour prouver qu’il s’agissait d’une vraie détermination, les kabilistes ont déjà commencé à collecter des signatures, dès ce jeudi, dans la ville de Kolwezi (sud-est), pour obtenir le droit d’aller au référendum. Objectif : une modification de la constitution en violation complète de l’article 220 de cette même constitution.

Ce vendredi, les évêques congolais, comme ils l’avaient annoncé, clôtureront les débats du dialogue. Mais, contrairement à ce qu’ils espéraient, ils n’auront pas de signature d’un accord mais bien ce qui pourrait passer comme une déclaration de guerre du pouvoir de Joseph Kabila à l’égard d’une opposition qui a fait énormément de concessions pour entrer dans ce dialogue et, surtout, à l’égard de la population congolaise qui a souvent martelé qu’elle ne voulait pas de prolongation du mandat de Kabila et encore moins d’un nouveau mandat.

Des heures troubles s’annoncent en République démocratique du Congo pu le jeu politique paraît plus bloqué que jamais par la (mauvaise) volonté d’un seul homme.

Pour en savoir davantage: http://www.lalibre.be/actu/international/kabila-refuse-tout-dialogue-5865883dcd70717f88e101f1