RDC: La Dynamique de l’opposition fustige le terrorisme d’Etat et l’insécurité généralisée

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DYNAMIQUE DE L’OPPOSITION POLITIQUE CONGOLAISE

DECLARATION
Les membres de la Dynamique de l’opposition se sont réunis ce jeudi 16 février 2017, date mythique dans l’histoire politique congolaise, pour examiner l’évolution de la situation générale du pays depuis la disparition inopinée, le 1er février 2017 à Bruxelles, du Président Etienne Tshisekedi Wa Mulumba;

S’inclinant devant la mémoire de l’illustre disparu, la Dynamique de l’opposition salue de nouveau son combat politique pour l’avènement d’un Etat de droit dans notre pays, combat pour lequel il s’est distingué par une abnégation et une constance exemplaires, sources d’inspiration pour nous et, à jamais, héritage pour les générations futures;

La Dynamique de l’opposition considère que la disparition du Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba est certes, un coup dur pour le Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement, il est également un appel à élever notre sens de responsabilité dans notre perception et notre mode de gestion des défis auxquels notre pays est actuellement confronté.

Dans une société congolaise où l’intérêt privé a pris le pas sur l’intérêt général, honorer la mémoire du Président Etienne Tshisekedi, c’est reprendre à bras le corps la lutte et la continuer sans atermoiement de manière à répondre avec courage et détermination à ces défis dans l’intérêt de la paix, de la démocratie, de la concorde nationale, de la stabilité et du développement de notre pays. C’est cela que le peuple attend de nous et rien d’autre.

Voilà pourquoi, en cette circonstance particulière, la Dynamique réitère son ferme engagement à poursuivre ce combat dans l’intérêt du seul peuple congolais.

En évoquant le combat historique du peuple congolais pour la démocratie, l’on se rappellera qu’il y a exactement 25 ans aujourd’hui, le 16 février 1992, des milliers de Congolais étaient descendus dans les rues, marchant pacifiquement pour revendiquer la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine, forum national dont les résolutions étaient destinées à baliser le chemin de la démocratie et du changement dans notre pays; forum à l’issue duquel le regretté Président Etienne TSHISEKEDI avait été élu Premier Ministre de la République. La suite, on la connaît.

Sur ordre du maître du régime dictatorial de la 2ème République, la soldatesque avait tiré à bout portant sur les manifestants, faisant des centaines de victimes dont les morts, les blessés et les fracturés.

Connu sous le vocable «massacre de Kinshasa», ou encore boucherie de Kinshasa, ce carnage avait endeuillé plusieurs familles. Cependant, les auteurs intellectuels et matériels de ces massacres n’en sont pas sortis sans perdre des plumes. Sous le coup de la pression tant interne qu’internationale, le régime sanguinaire s’était progressivement affaibli et ce, jusqu’à sa chute.

Bien que réprimée dans le sang, la mobilisation populaire lors de cette journée du 16 février avait eu le mérite de démontrer que plus fort que tout un peuple n’existe nulle part au monde et que, dans son attachement et son aspiration à la démocratie, il y a longtemps que le peuple congolais a chassé la peur et vaincu la terreur;

25 ans jour pour jour, en ce jeudi 16 février 2017, jour où nous commémorons la grande marche des chrétiens pour la démocratie, le devoir de mémoire nous place, nous membres de la Dynamique de l’opposition, dans l’obligation de rendre ici, solennellement et de manière particulière, un hommage appuyé aux victimes de cette tragédie particulièrement et, partant, à tous les martyrs de la liberté et de la démocratie, victimes aujourd’hui encore de l’intolérance politique et de la répression aveugle.

La Dynamique de l’opposition tient à rappeler à tous et toutes que les évènements de la semaine du 19 au 25 janvier 2015, des 19 et 20 septembre 2016, les nombreuses manifestations réprimées dans le sang, les meetings populaires étouffés, les tueries, les arrestations et tracasseries diverses de ces dernières années contre les membres de l’opposition, les journalistes et les activistes des droits de l’homme sont la preuve que le combat pour la liberté est encore loin d’être gagné.

En ce moment crucial où notre pays est à un tournant décisif de son histoire et que les discussions sur l’arrangement particulier ont repris autour de la CENCO pour la mise en œuvre effective de l’accord politique du 31 décembre 2016 signé au Centre Interdiocésain, la Dynamique de l’opposition :

1. appelle la population en général et particulièrement tous ses membres à la vigilance et à l’unité pour défendre la République et à travers elle, défendre l’accord de la Saint sylvestre, seule source de légitimité de toutes les institutions et des animateurs de la période pré-électorale et électorale et, œuvre pour laquelle, la Dynamique rappelle et salue l’implication personnelle du très regretté Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba;

2. appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de responsabilité afin de créer, comme le veut notre peuple, les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires pour l’organisation des obsèques nationales dignes de son rang par la mise en œuvre de l’esprit et la lettre de cet accord qui doit permettre, dans le délai prévu, le retour au fonctionnement régulier des institutions de la République;

3. condamne cependant, avec la dernière énergie, les tueries qui ont tout l’air d’un terrorisme d’Etat et qui s’observent en ce moment sur l’ensemble du territoire national, plus particulièrement dans les dossiers du Chef Kamuena Nsapu au Kasaï central et plus récemment dans celui des adeptes de Ne Muanda Nsemi à Kinshasa et au Kongo central. Il en va de même des affrontements meurtriers qui opposent les pygmées aux bantous dans le Tanganyika. Mis ensemble, ces massacres projetés en image à la télévision traduisent à la fois la désintégration de l’Etat et la désacralisation dangereuse de la vie humaine;

4. fustige l’insécurité généralisée délibérément créée sur l’ensemble du territoire national et qui, en l’absence d’une réaction appropriée du pouvoir pour y mettre fin, est de plus en plus perçue comme la stratégie de la terre brûlée pour plomber l’accord du 31 décembre 2016 et ainsi contourner son objectif prioritaire, à savoir la tenue des élections en vue de favoriser l’alternance pacifique et démocratique dans notre pays;

5. dénonce énergiquement la déclaration irresponsable du Ministre du Budget faite au cours de sa conférence de presse du 15 février courant annonçant «l’ impossibilité de mobiliser 1.8 milliards de dollars cette année pour les élections», montant sans fondement et non audité, correspondant au budget initial réclamé en son temps par la CENI pour la tenue de toutes les élections y compris les locales.

La Dynamique :

6. attire l’attention de tous sur le fait que si les élections ne sont pas organisées comme le prévoit l’accord du 31 décembre 2016, notre pays risque de plonger dans une crise encore plus profonde et aux conséquences incalculables;

7. remercie une fois de plus les Evêques membres de la CENCO et les encourage à poursuivre leur médiation avec la même persévérance pour la mise en œuvre rapide de l’accord de la Saint Sylvestre;

8. demeure engagée dans l’unité des forces de l’opposition au sein du ‘’RASSEMBLEMENT’’ pour faire aboutir la lutte du peuple congolais au service de l’alternance et de l’Etat de droit;

9. annonce dans cette perspective que, conformément à la résolution prise lors de sa toute première convention tenue à Kinshasa du 04 au 06 novembre 2015, elle tiendra sa deuxième convention du 13 au 15 mars prochain à Kinshasa.

10. appelle le peuple congolais à demeurer plus que jamais vigilant pour qu’ensemble nous puissions consolider la démocratie dans notre pays par la tenue effective des élections cette année et ainsi garantir la paix, la stabilité et le développement de la RDC ;

11. Enfin, est venue pour moi l’occasion de tenir ma parole. Il vous souviendra que le 17 janvier 2017, jour de commémoration de la mort de Patrice Emery LUMUMBA, notre héros de la lutte pour l’indépendance, il m’a été confié la modération de la Dynamique de l’opposition. Conformément au contrat de confiance qui nous lie, j’avais pris l’engagement de respecter le principe de rotation mensuelle cher à notre plateforme.

En ce jeudi 16 février, jour où nous nous rappelons la marche patriotique et héroïque des chrétiens, j’ai le plaisir de vous annoncer solennellement que, attaché aux valeurs démocratiques et engagé dans la lutte pour l’alternance en RDC, je termine ma modération mensuelle de la Dynamique de l’opposition, afin de donner la chance à l’enracinement des valeurs que nous défendons dans notre vécu quotidien. C’est ce que le peuple attend de nous.

Cela étant, je passe chaleureusement et avec fierté la main à l’Honorable Martin FAYULU MADIDI et vous demande, en signe de confiance et d’encouragement, de vous lever pour l’acclamer. (Merci)

Je tiens sincèrement à remercier tous mes collègues membres de la Dynamique ici présents pour la collaboration qu’ils m’ont offerte et pour la confiance placée en ma modeste personne durant l’exercice de mon mandat. Je souhaite à mon ami et éminent successeur plein succès. Comme pour le pouvoir, il y a une vie après le mandat, je suis également convaincu qu’il y a une vie après la modération.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son vaillant peuple.
Fait à Kinshasa, le 16 février 2017
Honorable Claudel André LUBAYA
Modérateur”

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RDC: Carnage à Kimpese par Kabila. L’ honorable Puela tire la sonnette d’alarme

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Nous reproduisons ci-dessous l’article de l’honorable Fabrice Puela sur le carnage que continue à perpétrer les forces de Kabila. Dans un article précédent, nous avions dénoncé cette nouvelle vague de violence irrationnelle et avions offert quelques clés de lecture de ce conflit. Ci-dessous, la publication de l’honorable Fabrice Puela.

 

Alerte ! Alerte ! Alerte!

Ça continue à tirer à Kimpese et je suis très préoccupé par ces tueries inutiles dans ma province. Le Kongo Central a toujours été un havre de paix, svp. Arrêtez ce carnage. Stoppez, svp. sinons vous devrez nous tuer tous.

Nous l’avons dénoncé sur Radio Okapi et venons de prendre contact avec Monsieur le vice-premier ministre de l’intérieur avec qui nous aurons une séance de travail en début de semaine prochaine pour l’établissement des responsabilités et la pacification de cette contrée.

Une question me monte à l’esprit, le Gouverneur de province sait-il que Kimpese dans le territoire de Songololo fait aussi partie du Kongo central?

Depuis plus d’un mois, à la suite de la calamité naturelle qu’a connue la ville de Boma, le Gouverneur, avec trois de ses ministres et conseillers s’y sont installés en permanence.

Ces représentants du gouvernement provincial et la suppléante du Gouverneur à l’Assemblée nationale, son épouse (qui, apparemment ne connait pas le rôle d’un élu national puisque transformée en agent social de la mairie); reçoivent et distribuent aux sinistrés, des vivres offerts par le gouvernement Central…

Les habitants du Kongo Central voudraient bien et sont même en droit d’exiger l’installation du Gouverneur et ses collaborateurs à kimpese pendant même un mois jusqu’à ce que la paix y soit rétablie de manière durable. C’est cela être Gouverneur.

Qu il y amène ses ministres et son conseil provincial de sécurité . C’est le minimum que peut faire même le plus piètre des gouverneurs. Ses collègues d’autres provinces le font.

Sinon , devant la démission des Députés provinciaux, il devra être interpellé par le gouvernement central et le conseil national de sécurité pour abstention coupable, complaisance et complicité dans ces massacres.

Il importe qu’accompagnant son Gouverneur, Madame la ministre proviciale de la santé aille suivre l’état de santé des blessés à kimpese. Comme elle est également ministre des affaires sociales, il lui revient de superviser les funérailles des morts par balle à kimpese.

C’est vraiment dégoûtant la façon dont l’image de la province est ternie.

Excusez-moi pour l’atrocité de ces photos. C’est pour vous donner une image de l’atrocité de ce carnage. Au delà, il faut que les responsabilités soient établies.

Honorable Fabrice Puela

Ci-dessous les images choquantes de la barbarie employée par les forces de Kabila:

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RDC– Les forces de Kabila continuent à massacrer les civils à Kimpese (Kongo Central), plusieurs dizaines des morts.

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C’ est un véritable carnage qui se poursuit à Kimpese (Kongo Central) par des tirs à balles réelles et exécutions sommaires perpétrés par les forces de sécurité. On dénombre plusieurs dizaines des morts et des blessés suite à ces affrontements entre les adeptes de Bundu dia Kongo et les forces de Kabila, devenu illégal et illégitime après le 19 Décembre  2016. Ces massacres doivent cesser. Les autorités nationales et provinciales sont appelées à respecter et protéger le droit à la vie, à l’intégrité physique et à une procédure judiciaire équitable. Les exécutions sommaires et l’usage disproportionné de la violence auxquels le peuple congolais assistent avec révolte doivent cesser immédiatement. Les juridictions internationales y compris les Nations Unies, l’Union Européenne et la Cour Pénale Internationnale sont priées d’intervenir en conformité avec le droit international.

Nous reviendrons dans un autre article sur la chronologie et les causes de cette tragédie politique. Mais d’ores et déjà, l’opinion nationale devra retenir que ces violences sont les conséquences des manigances politiques orchestrées par Kabila et sa majorité politique (MP) qui ont vu Samy Badibanga accéder au poste de premier ministre contre d’autres prétendants (dont Ne Mwanda Nsemi, chef spirituel de Bundu dia Kongo). Par la suite, Mr Mantezolo, vice président de Bundu -dia- Kongo, a obtenu un poste de vice-ministre dans le gouvernement de Samy Badibanga contre l’avis de son chef spirituel et politique. D’autres affaires à caractère personnel et interne au BDK se seraient greffées sur le conflit politique. Notamment un projet de mariage entre le chef spirituel Mwanda Nsemi et une des ses prophetesses auquel Mr Mantezolo et d’autres figures de leur mouvement se seraient opposés.

Dans une des parutions de son bulletin d’informations, Muanda Nsemi accuse le vice ministre Mantezolo d’être devenu un pion de Kabila et d’ourdir un projet d’assassinat de sa personne. Il lui reproche d’avoir accepté le poste “insignifiant” de vice-ministre alors que le BDK aurait le droit de prétendre à un meilleur traitement.

Les discours de Muanda Nsemi contre celui qui est ou fut son vice président ont été à la base de la mobilisation d’une frange d’adeptes de BDK qui se sont attaqués aux biens de Mr Mantezolo à Kimpese notamment. Les forces de Kabila ont été déployés et ont fait usage d’une violence disproportionnée, tirant à balles réelles sur les civils.

Le carnage continue. Le Député Fabrice Puela a sur sa page facebook et sur les antennes de la radio okapi tiré la sonnette d’alarme pour mettre les autorités nationales, provinciales et internationales devant leur responsabilité, notamment leur responsabilité de protéger les civils et de maintenir l’ordre public par des moyens légaux, et non par le recours à la violence disproportionnée.

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RDC : l’accord de la CENCO laisse un goût amer

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La grande majorité des congolais ont manifesté pour demander à Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son mandat constitutionnel le 19 Décembre 2016.  Les dernières manifestations ont fait plusieurs dizaines des morts et des centaines d’arrestations à travers toute l’étendue du pays.

Que le dialogue facilité par la CENCO aboutisse à un accord qui prolonge la présidence de Kabila pour un an va choquer un très grand nombre des congolais qui tenaient au départ, et non à la récompense de celui qui a tout fait pour mettre le pays à feu et à sang.

De ce point de vue, l’accord de la CENCO laissera nécessairement un goût amer alors que les congolais n’ont même pas encore enterré les morts et retrouvé les disparus, les prisonniers et les exilés.  S’il est vrai que le dialogue passe par le compromis et que Kabila n’a pas encore été évincé par une révolution populaire, empêchée de justesse par l’arsenal militaire de Kabila, tout accord qui prolonge le séjour de Kabila à la tête de la RDC sera ressenti par le peuple congolais comme un échec, une capitulation.

En dépit de l’accord de la CENCO, le peuple congolais se réservera le droit de faire justice à l’égard de tous ceux qui ont semé la mort et la désolation pour s’accrocher au pouvoir.

RDC: Kabila au pouvoir jusqu’en novembre 2017 ?

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Les évêques catholiques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qui mènent le dialogue de la dernière chance en République démocratique du Congo ont été clairs mercredi soir. Quoi qu’il arrive, ils clôtureront le dialogue ce vendredi afin de pouvoir retourner dans leurs paroisses à l’occasion des fêtes de Noël. Ils avaient aussi prévenu qu’en cas d’échec, ils n’hésiteraient pas à en « tirer les conclusions et à pointer du doigt publiquement les responsables ». Ce jeudi, les règles du dialogue ont été modifiées pour le rendre plus compact.

Les évêques ont limité chaque camp à 5 représentants. Côté majorité présidentielle, les seconds couteaux présents jusqu’ici au dialogue ont fait place aux cadors. Aubin Minaku (président du parlement), Kalev Mutond (patron du service de renseignements) et André Kimbuta (gouverneur de la ville-province de Kinshasa) étaient notamment face aux évêques en fin de matinée.

Pourquoi la mobilisation des gros bras de la kabilie ? « Parce que Kabila a compris qu’il était temps d’arrêter de jouer au plus malin », tente d’expliquer un membre de l’opposition qui ne cache pas que la mobilisation « de ces proches du président est aussi la preuve que les négociations vont rentrer dans le dur. Il va falloir être très prudent, les pièges ne vont pas manquer ».

Avancées prudentes

Quatre grands points étaient inscrits sur la feuille de route : la non candidature de Joseph Kabila à un troisième mandat, la non modification de la constitution, le calendrier de la présidentielle et l’architecture institutionnelle à mettre sur pied pour encadrer le processus.

Sur le premier point, le message des kabilistes était habituel « le président a toujours dit qu’il respecterait la constitution », explication de la même veine pour la non modification de la constitution. Pour le calendrier, la majorité avait obtenu la date du mois d’avril 2018 pour la tenue des élections lors du dialogue de l’OUA. Une date imbuvable pour l’opposition qui exige le scrutin au printemps ou en été 2017. Un compromis serait sur la table pour novembre 2017.

C’est sur le quatrième point, celui de l’architecture institutionnelle, que les lignes ont le plus bougé. Dans le nuit de mercredi à jeudi, les évêques ont rendu visite au vieux leader Etienne Thisekedi. Une discussion nocturne qui a débouché sur une vraie surprise, le patron de l’UDPS, qui a toujours affirmé qu’il était le vrai vainqueur de la présidentielle de 2011 et qu’il déniait toute autorité à Joseph Kabila, a accepté un principe de cohabitation entre la fin de ce dialogue et la tenue de la présidentielle en 2017. En échange de cet accord, Etienne Tshisekedi dirigerait le Conseil national de Transition (une terminologue refusée par le trio de la majorité parce qu’il rappelle trop le scénario tunisien ou centrafricain après le déboulonnage du président en place). Outre la difficulté de trouver un nom, il faut encore circonscrire le pouvoir de ce nouvel organe de la transition. Pour la majorité, pas question de lui accorder la moindre mission de l’exécutif, qui resterait donc entre les mains de Kabila.

Qui comme Premier ministre ?

Les jours de Samy Badibanga à la Primature pourraient déjà être comptés. Dans ce nouveau « big deal à la congolaise », le poste de Premier ministre serait toujours destiné à l’opposition. Mais quelle opposition ? Pour le clan Tshisekedi, le poste devrait revenir à l’UDPS. Le nom de Félix Tshisekedi arrive donc sur la table… pour le plus grand bonheur de la majorité qui flingue l’arrivée du père et du fils à deux organes supérieurs de la nation. Et c’est ici que commence un nouveau débat sur le terme opposition et ceux qui peut prétendre relever de cette qualification. Pour l’UDPS, il s’agit du «Rassemblement de l’opposition », pour la majorité, tous ceux qui ne sont pas dans l’actuelle majorité.

Le blocage sur cette question est sérieux et pourrait crisper au sein des rangs de l’opposition.

Mais le clergé catholique n’a pas le choix, il doit aboutir sus peine d’être sanctionné durement par le peuple. Dans le Congo Central, à Boma, des manifestants n’ont pas hésité à incendier une église parce qu’ils considéraient que les représentants catholiques les avaient trahis en ne poussant pas Joseph Kabila vers une porte de sortie.

Tensions dans le Katanga

Pendant que les négociations se poursuivaient à Kinshasa, une « opération porte à porte » selon l’expression d’un témoin, se déroulait à Lubumbashi, dans la commune de Katuba et en particulier dans le quartier de Mutshipisha-Gbadolite. Militaires et policiers étaient descendus en force dès 4h du matin pour arrêter tous les jeunes hommes qui étaient ensuite chargés dans un camion et emmenés vers une destination inconnue. La veille, le gouverneur du Haut-Katanga, Jean-Claude Kazembe Musonda, s’était rendu dans cette commune qui avait été très active lors des manifestations du 20 décembre. Le gouverneur voulait démontrer qu’il avait repris les choses en main. Mal lui en a pris, il a été contraint de rebrousser chemin, chassé par les habitants armés de tout ce qu’ils pouvaient ramasser à même le sol. Pour beaucoup d’observateurs, cette descente des forces de l’ordre et l’enlèvement de dizaines de jeunes hommes s’expliquent par la colère du gouverneur.

Par ailleurs, plus au nord mais toujours dans l’ex-province du Katanga, à Manono, l’évêque du diocèse, Mgr Vincent de Paul Kwanga, a lancé un SOS jeudi face aux « attaques répétées » qui rythment le conflit entre les communautés Pygmée et Bantou dans la région. Au-delà des victimes directes des attaques, il y a un “risque humanitaire causé par la faim et les épidémies” parmi les nombreuses personnes qui fuient ces violences, a-t-il souligné, à trois jours de la fête de Noël.
Manono, située à 480 km au nord de Lubumbashi, accueille selon lui plus de 50.000 déplacés. Selon le Bureau diocésain de Justice et de Paix (BDJP), la dernière attaque en date, menée mardi par des Pygmées à Manono, a fait 40 morts et 125 blessés.”En tant qu’Eglise catholique, nous demandons aux autorités nationales et provinciales compétentes d’assurer la protection des personnes et de leurs biens. (…) La population meurt sous le regard passif de l’armée et de la police”, a déclaré dans un communiqué l’abbé Alain Kabange, directeur du BDJP.
Il a également “déploré la passivité des Casques bleus de la Mission de l’Onu pour la Stabilisation du Congo (Monusco), qui se seraient retranchés dans leur base lors de cette attaque” mardi. Les assaillants “ont marché sur quatre kilomètres en tirant partout sans aucune réaction”, a affirmé Mgr Kwanga, en rappelant le “rôle de protection des civils” dévolu à la Monusco.

Pour en savoir plus: http://www.lalibre.be/actu/international/rdc-kabila-au-pouvoir-jusqu-en-novembre-2017-585c4d8acd7014981b3f97c0