RDC: A Boma, une inondation cause des dégâts humains et matériels énormes

Le lundi 26 Décembre, la rivière Kalamu est sortie de son lit et a inondé les quartiers avoisinants, suite à une pluie diluvienne qui s’est déversée sur la ville de Boma la nuit du 26 au 27 Décembre 2016.

On dénombre des morts. Les dégats en infrastructures matérielles sont aussi énormes: ponts éffondrés, maisons écrouléés, routes impraticables, etc.

La population affectée est en désarroi. Des familles ont perdu des êtres chers. D’autres se trouvent sans logement. Beaucoup d’autres ont besoin d’une prise en charge médicale et psychologique.

Un appel est lancé pour que les autorités urbaines, provinciales et nationales s’impliquent pour venir en aide aux sinistrés. Elles doivent aussi trouver des solutions à long terme pour éviter la répétition des ces calamités.

Les personnes de bonne volonté et les organisations caritatives sont aussi exhortées à se mettre en action pour venir en aide aux victimes.

Ci-dessous les photos qui montrent les dégats matériels et humains:

boma-inondation-2016-12-27-2 boma-inondation-2016-12-27 boma-inondation-2016-12-27-3 boma-inondation-2016-12-27-4

boma-inondation-2016-12-27-5 boma-inondation-2016-12-27-7 boma-inondation-2016-12-27-9

RDC: A Boma, une bavure policière provoque une seconde vague d’émeutes en une semaine

boma-2016-11-30-18

La situation était tendue le mercredi 30 novembre 2016 à Boma aux environs du Rond-Point. Une bavure policière a provoqué la colère de la population qui s’est attaquée aux installations de la police et a pillé certaines boutiques des chinois et des congolais.  La police a tiré à balles réelles pour tenter de calmer la situation. Une fille de 9 ans blessée par balles est sous hospitalisation.

Selon nos sources, la police s’est mise à la poursuite d’un fumeur de chanvre qui est allé dans sa course se jeter dans une rivière sous le pont Matsoba, communément appelé Kobra. L’infortuné aurait cogné sa tête contre une pierre et se serait noyé. Voilà qui a provoqué l’ire de la population du quartier de Matsoba, et la confrontation avec les forces de l’ordre s’est prolongée jusqu’au Rond-Point. La population tient la police pour responsable de la perte en vie humaine. Elle s’est déchaîné contre la police et les militaires qui eux ont répondu en tirant sur la population des balles réelles et en faisant usage des gaz lacrymogènes.

C’est la deuxième vague d’émeutes en moins d’une semaine. Cet affrontement violent entre la population et les forces de l’ordre advient alors que le gouverneur de la province Jacques Mbadu est présent dans la ville de Boma. Sa  mégestion de la province est fortement dénoncée par la population et les députés nationaux qui ont organisé une marche de protestation à Matadi il y a à peine deux semaines. Le gouvernorat n’a pas formellement répondu aux demandes de démission qui sont lancées à son encontre et aux reproches formulés contre sa manière de gérer la province du Kongo Central. S’il n’y a pas un lien direct apparent entre cette seconde vague d’émeutes et la mise en cause de la gouvernance de la province par Jacques Mbadu, les témoins remarquent un climat général de tension et frustrations au sein de la population qui explique qu’à la moindre étincelle la population manifeste sa colère par des actes violents et subversifs.

Il faut aussi rappeler que la ville de Boma fait face à l’effondrement de son tissu économique récemment aggravé par la mesure de l’interdiction d’importation des véhicules mis en circulation au-delà de 10 ans et la cessation d’activités de la Bralima Boma. Ces événements condamnent la population de la ville de Boma à l’aggravation du chômage et au désespoir. Les autorités de la ville et de la province n’ont pas suffisamment travaillé pour protéger le tissu économique de la ville et insuffler l’espoir d’une relance économique. Au contraire, la population a assisté avec consternation à la lutte de positionnement entre le gouverneur de la province et la maire de la ville,  lutte qui avait pris des proportions inquiétantes jusqu’à l’intervention du ministre de l’intérieur.

Pour finir, il faut relever que cette manifestation populaire de colère est aussi interprétée par plusieurs observateurs comme un signe avant-coureur des manifestations que la population se prépare à déclencher à partir du 19 Décembre 2016 pour exiger le départ de Joseph Kabila dont le mandat touchera à sa fin. Pour prévenir le pire, les gouvernants au niveau de la ville, de la province et du pays sont invités à lire les signes du temps, à écouter la voix de la population et à se conformer à la Constitution.

Lecongolais.net

Les photos ci-dessous en disent long sur les tensions et la violence qui ont émaillé cet événement.

boma-2016-11-30-19 boma-2016-11-30-2 boma-2016-11-30-12 boma-2016-11-30-20 boma-2016-11-30-5

RDC: A Matadi, les habitants exigent la démission du gouverneur Jacques Mbadu pour mégestion

Sous la coordination des députés nationaux originaires du Kongo Central, une grande marche a lieu ce mardi 22 Novembre 2016 pour exiger la démission du gouverneur Jacques Mbadu. A plusieurs reprises, les députés organisateurs de la marche ont signé des déclarations pour fustiger la mauvaise gouvernance, les abus des droits de l’homme, le clientélisme, et l’amateurisme qui caractérise la gestion de Jacques Mbadu depuis son accession à la tête de la province.

Faisant le rapport du déroulement de cette marche sur son compte facebook, l’honorable Albert Fabrice Puela a eu les mots suivants: “Nous avons eu une manifestation monstre au Kongo Central, à Matadi. “Mbadu dégage” Félicitations à la population de Matadi pour la détermination. Merci beaucoup aux honorables Mantezolo de Songololo, Jacques Lunguana, de Mbanza-Ngungu, Jean Marie Mulatu et Paseur Mbuela de Moanda, Adrien Phoba de Boma et Muller Luthelo de Matadi, comme votre Serviteur Du Peuple Congolais Albert Fabrice Puela. Nous déplorons un blessé par balles”

marche-matadi2 marche-matadi3 marche-matadi marche-matadi4 marche-matadi5 marche-matadi6 marche-matadi7

RDC: interdiction d’une marche citoyenne pour réclamer l’électricité à Kananga

Les autorités ont interdit, samedi 9 juillet, une marche citoyenne et pacifique dans la ville de Kananga, dans la province du Kasaï occidental, au centre du pays. Le rassemblement visait à réclamer essentiellement le rétablissement de l’électricité dans la région. C’est la deuxième marche liée à des revendications sur les questions d’électricité qui est interdite dans le pays.

snel-kananga

Clément Kanku, l’un des organisateurs et président du parti d’opposition, Mouvement pour le renouveau, dénonce une restriction des libertés inacceptable.

« Nous ne comprenons pas. Nous pensons tout simplement que le pouvoir veut cacher des choses parce ce qu’ils sont incapables d’assurer la fourniture en énergie électrique. Aujourd’hui, il y a moins de 5 % de Congolais qui reçoivent du courant et encore, du courant de très mauvaise qualité. La population, c’est vrai, est fatiguée de cette situation. Je pense que c’est tout simplement une peur de la part de ce gouvernement qui veut se maintenir au pouvoir et qui évite que la population s’engage dans une voie de revendications », a-t-il estimé.

Dans sa réponse écrite de mercredi, la maire avait justifié cette interdiction par une visite programmée du président Joseph Kabila dans la province, sans donner de date précise : « La marche est inopportune en cette période où notre ville se concentre aux préparatifs de l’accueil du chef de l’Etat. »

Pour en savoir plus: http://www.rfi.fr/afrique/20160710-rdc-interdiction-marche-electricite-kananga-kasai-occidental

« Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout »

inequality-405x355

En amont de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, Oxfam a calculé que l’an prochain, le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde dépassera celui des autres 99 % de la population, à moins de freiner la tendance actuelle à l’augmentation des inégalités.

L’organisation internationale de développement, dont la directrice générale, Winnie Byanyima, coprésidera l’édition 2015 de Davos, souligne aujourd’hui que l’explosion des inégalités entrave la lutte contre la pauvreté dans le monde, alors qu’une personne sur neuf ne mange pas à sa faim et que plus d’un milliard de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour.

En sa qualité de coprésidente, Winnie Byanyima lancera un appel pressant à l’action pour enrayer la montée des inégalités, à commencer par des mesures énergiques contre l’évasion fiscale des multinationales, ainsi que pour accélérer les avancées vers la conclusion d’un accord mondial sur le changement climatique.

L’étude « Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout », publiée aujourd’hui par Oxfam, montre que la part du patrimoine mondial détenu par les 1 % les plus riches est passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépassera les 50 % en 2016. En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte.

La majeure partie (46 %) des 52 % restant du patrimoine mondial se trouve entre les mains du reste du cinquième le plus riche de la population mondiale. Les autres 80 % de la population mondiale ne se partagent que 5,5 % et possédaient en moyenne 3 851 dollars par adulte, soit 700 fois moins que le patrimoine moyen des 1 %.

« Voulons-nous vraiment vivre dans un monde où 1 % possèdent plus que le reste d’entre nous, s’interroge Winnie Byanyima. L’ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse et, malgré les questions brûlantes qui font l’actualité, le fossé entre les grandes fortunes et le reste de la population se creuse rapidement.

« Au cours des douze derniers mois, les dirigeant-e-s du monde ont, à l’instar du président Obama et de Christine Lagarde, de plus en plus évoqué le besoin de réduire les inégalités extrêmes. Mais pour beaucoup, nous attendons encore qu’ils joignent le geste à la parole. Il est temps que nos dirigeant-e-s s’attaquent aux intérêts particuliers des poids lourds qui font obstacle à un monde plus juste et plus prospère. »

Et Winnie Byanyima d’ajouter : « Le statu quo a un coût. Si les affaires continuent comme si de rien n’était pour les élites, notre incapacité à réduire les inégalités pourrait retarder la lutte contre la pauvreté de plusieurs dizaines d’années. Les populations pauvres souffrent doublement de la montée des inégalités : non seulement leur part proportionnelle du gâteau économique se réduit, mais comme les inégalités extrêmes nuisent à la croissance, le gâteau lui-même devient plus petit. »

Lynn Forester de Rothschild, PDG de la société E.L. Rothschild et présidente de la Coalition for Inclusive Capitalism, qui prend la parole aujourd’hui à un événement organisé conjointement par Oxfam et l’université d’Oxford, a appelé les chefs d’entreprise qui se réuniront à Davos à contribuer également à la lutte contre les inégalités extrêmes.

Elle a expliqué que « le rapport d’Oxfam n’est que le dernier d’une longue liste d’éléments établissant que les inégalités ont atteint des extrêmes scandaleux et continuent d’augmenter. Il est temps que les grandes pointures du capitalisme moderne, ainsi que nos responsables politiques, s’emploient à changer le système pour qu’il devienne plus équitable, plus durable et s’ouvre plus largement à toutes et tous.

« Les inégalités extrêmes ne constituent pas seulement un préjudice moral. Elles sapent la croissance économique et pèsent sur les profits du secteur privé. Les participant-e-s à la réunion de Davos qui aspirent à un monde stable et prospère devraient faire de la lutte contre les inégalités leur priorité absolue. »

L’an dernier, Oxfam a créé l’événement à Davos en révélant que les 85 personnes les plus riches possédaient autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Elles sont aujourd’hui 80 à posséder autant que 3,5 milliards de personnes, ce qui représente une baisse spectaculaire, si l’on considère que ce chiffre s’élevait à 388 en 2010. En termes nominaux, le patrimoine des 80 personnes les plus riches du monde a doublé entre 2009 et 2014.

Oxfam appelle les États à adopter un plan en sept points pour lutter contre les inégalités :

–    Mettre un frein à l’évasion fiscale des entreprises et des grandes fortunes
–    Investir en faveur de la gratuité et l’universalité de services publics comme la santé et l’éducation
–    Répartir équitablement la charge fiscale, l’allégeant du côté du travail et de la consommation tout en taxant davantage le capital et les richesses
–    Instaurer un salaire minimum et œuvrer à un salaire décent pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs
–    Instaurer une législation en faveur de l’égalité salariale et promouvoir des politiques économiques assurant le traitement équitable des femmes
–    Mettre en place une protection sociale suffisante pour les plus pauvres, notamment la garantie d’un revenu minimum
–    Adopter l’objectif commun de lutter contre les inégalités à l’échelle internationale

L’étude publiée aujourd’hui, qui fait suite au lancement de la campagne « À égalité ! » d’Oxfam en octobre dernier, met en lumière la façon dont l’extrême richesse se transmet de génération en génération et le fait que les élites mobilisent leurs ressources considérables pour s’assurer que les règles internationales favorisent leurs intérêts. Plus du tiers des 1 645 milliardaires recensés par Forbes ont hérité d’une partie ou de l’ensemble de leur fortune.

20 % des milliardaires ont des intérêts dans le secteur de la finance et de l’assurance, et le patrimoine nominal de ce groupe a augmenté de 11 % en douze mois, de mars 2013 à mars 2014. En 2013, ces secteurs avaient dépensé 550 millions de dollars pour faire pression sur les responsables politiques à Washington et à Bruxelles. Rien que pendant les élections américaines de 2012, le secteur financier a financé les campagnes à hauteur de 571 millions de dollars.

L’ensemble du patrimoine net des milliardaires ayant des intérêts dans le secteur pharmaceutique et de la santé a augmenté de 47 %. Eux aussi avaient dépensé 500 millions de dollars pour faire pression sur les responsables politiques à Washington et à Bruxelles, en 2013.

Oxfam craint que la force de lobbying de ces secteurs ne soit un obstacle majeur à la réforme du système fiscal international et n’impose des règles de propriété intellectuelle qui empêchent les plus pauvres d’accéder à des médicaments vitaux.

Les données du Fonds monétaire international, notamment, établissent de plus en plus clairement que les inégalités extrêmes sont préjudiciables aux personnes au bas de l’échelle, mais aussi à la croissance économique.

Source: Oxfam