RDC: VOICI POURQUOI LE POUVOIR S’AGITE CONTRE LA CENCO.

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Le week-end passé, la presse écrite et celle audio-visuelle nous ont inondé des communiqués au vitriol contre les évêques catholiques qui auraient pris position devant le flou politique faisant suite à la nomination de Bruno Tshibala. Pourquoi une telle agitation du régime de Kabila devant une pareille évidence ? Que voudrait bien cacher cet acharnement politique contre les prélats qui n’ont rappelé que la vérité des faits?

1. En éventrant le boa, les évêques ont mis à nu la roublardise du régime en place.

Ils ont donc remis les pendules à l’heure en précisant l’esprit et la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre en rappelant qu’eux, les anciens facilitateurs à la base de l’accord de la Cenco, ne reconnaissent qu’un seul rassemblement, celui piloté par Félix Tshisekedi et que par conséquent la nomination de Bruno Tshibala en dehors de cette plate-forme politique devient bel et bien une entorse à l’accord tel que stipulé le 31 décembre 2016.

Cette position clairement exprimée des évêques a soulevé un tollé de la part du régime qui a vite repris l’argument de la laïcité de l’État congolais et de l’incapacité tout autant juridique que constitutionnelle des évêques catholiques à s’opposer à la ligne politique du gouvernement. D’autres les ont taxés de ne pas se mettre au milieu du village et de rouler pour le compte du Rassemblement contre la majorité présidentielle. D’autres encore sont carrément passés à l’injure facile pour souiller l’autorité morale des pasteurs catholiques.

La vérité est que Joseph Kabila et les siens ont cru jouer au malin en croyant appliquer vis-à-vis de l’église, le schéma de débauchage pour affaiblir l’adversaire et de là imposer son plan machiavélique. Durant la longue transition consécutive aux travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), Joseph-Désiré Mobutu avait réussi à bâillonner les aspirations profondes du peuple en créant le même scénario que nous observons ce temps dernier.

Au moment où il fallait appliquer les accords de la CNS, il nomma à la surprise de tous, un transfuge de l’UDPS, Faustin Birindwa comme premier ministre en lieu et place de son compagnon de lutte Étienne Tshisekedi, qui était coopté par les forces de l’Union Sacrée de l’Opposition radicale (Usor). Ce qui accentua la crise politique, divisant irrémédiablement le pays en deux camps, notamment celui de la mouvance présidentielle et ses partis politiques satellites d’une part et de l’autre part, celui de la vraie opposition radicale jumelée à la majorité du peuple zaïrois de l’époque.

Depuis le 5 avril où Joseph Kabila a franchi le Rubicon de la légalité en nommant à son tour à la surprise de tous, un autre transfuge de l’UDPS, Bruno Tshibala en lieu et place de Félix Tshisekedi, coopté par le véritable Rassemblement de l’opposition (Rassop), nous sommes en train de revivre le scénario qui avait plongé jadis le pays dans un chaos indescriptible entre 1992-1997. Et ce, avec raison d’autant plus que de nombreux conseillers de l’ombre de Kabila semblent être ceux-là mêmes qui avaient alimenté jadis l’entêtement de Mobutu jusqu’à sa fuite le 16 mai 1997.

En prenant leur courage de prendre position et de dénoncer les déviations politiques de partenaires de l’Accord du 31 décembre 2016, les évêques expriment clairement leur refus de voir se prolonger ad æternam une crise qui aggrave davantage une situation sociale déjà trop précaire pour le petit peuple et dont se moque éperdument les « mercenaires » et “kuluna” au pouvoir.

L’on se trouve ainsi devant deux visions de l’avenir du Congo : d’une part, les évêques qui veulent porter le pays vers un état démocratique et prospère par la mise en œuvre de l’accord de la Cenco et d’autre part, le pouvoir de Kabila qui travaille farouchement pour le statu quo et pour le maintien en poste du président sortant pour une durée indéterminée et ce, dans un cadre extra-constitutionnel.

2. Les armes de Kabila pour parvenir à ses fins.

Du point de vue de Kabila et de sa famille politique, la voix des eveques s’avère discordante vis-à-vis du gros mensonge qu’ils ont décidé à faire passer dans l’opinion nationale et internationale et selon lequel le nouveau nommé premier ministre est bel et bien un représentant légitime de l’opposition congolaise. Le déni des pasteurs catholiques dérange et jette un grain de sable dans la machine de propagande politique du pouvoir en place.

Pour châtier l’audace des évêques à vouloir à tout prix défendre la vérité historique jugée contreproductive à ses desseins politiques, la majorité présidentielle ne se contente plus de simples critiques acerbes et des injures faciles.

Kabila a fait de Kinshasa et d’autres villes jugées à haut risque pour son pouvoir, des citées assiégées par des forces militaires et policières et même par des milices étrangères.

Il est devenu si facile d’assimiler la méthode de terreur que les sbires de Kabila ont mise en œuvre depuis quelque temps, en mettant à sac des églises et des couvents religieux catholiques et en commanditant le pillage des séminaires et d’autres maisons de formation ecclésiastique, avec l’objectif clair de démystifier des personnes consacrées et de déstabiliser l’organisation interne de l’église jugée trop puissante et nuisible à leurs goûts.

Au Kassaï, plus précisément dans les diocèses de Kananga, de Mbuji-Mayi, de Luiza et de Luebo, les membres du clergé tout comme des infrastructures publiques et ecclésiastiques comme les écoles, les hôpitaux et autres, sont devenus des cibles numéro un du pouvoir. A Kinshasa, notamment à Limete et à Ngaliema, ils ont carrément vandalisé des églises et des tabernacles où siège le Roi des rois.

Dans l’entendement des commanditaires de ces sales besognes, cette intimidation pousserait les bergers (évêques) sinon à la retenue du moins au silence et à la peur de parler.

Au regard de l’accueil général du travail de facilitation des évêques de la part des masses populaires congolaises et de la reconnaissance par la communauté internationale de l’Accord de la Cenco coulé sous forme de Résolution 2348 du conseil de Sécurité de l’ONU, le pouvoir de Kabila a décidé d’utiliser l’artillerie lourde via une intense activité diplomatique qui, depuis, pousse She Okitundu, le ministre des affaires étrangères, à passer d’un avion à un autre pour aller au bout du monde défendre Kabila et son régime dont la chute politique semble déjà programmée d’après les articles l’Accord de la Saint Sylvestre.

La dernière visite d’une délégation de la SADC à Kinshasa et le récent voyage de Kabila en Égypte et au Gabon s’inscrivent tous dans cette démarche diplomatique consistant à chercher des soutiens régionaux et internationaux à l’échelle africaine.

Outre cet instrument diplomatique, le régime utilise son arme légendaire des divisions des congolais des uns des autres, créant confusion et dissension, même auprès de ce recours religieux qui reste comme seule référence morale crédible pour les populations congolaises qui se sentent carrément abandonnées par leurs dirigeants politiques.

Tenez! Hier lundi 24 avril 2017, nous avons pris connaissance du communiqué officiel lu par le révérend Elebe Kapalay, représentant de l’Église Kimbanguiste et porte-parole des chefs de confessions religieuses de la RDC. Au nom de ses pairs, ce dernier appelait tous les acteurs politiques et sociaux concernés par l’accord de la saint Sylvestre à collaborer avec le premier ministre Bruno Tshibala nommé par le président Joseph Kabila.

« Les chefs des confessions religieuses exhortent les acteurs politiques et sociaux, toutes tendances confondues, au dépassement de soi et à se mettre autour de Monsieur Bruno Tshibala Nzenzhe nommé Premier ministre, chef du gouvernement par le chef de l’État, après plusieurs mois d’atermoiements de la classe politique pour former le gouvernement d’union nationale devant rapidement amener le peuple congolais aux élections », a déclaré ce collectif religieux dans un communiqué conjoint.

Il faut noter que cette déclaration publique a été signée par tous les représentants des confessions religieuses congolaises, à l’exception de l’église catholique.

En d’autres termes, le pouvoir veut signifier à l’opinion congolaise que la parole de l’église catholique si minorée n’est pas parole d’évangile et que n’étant pas la seule église en RDC, sa position doit être tenue pour négligeable par rapport à la voix de toutes les autres confessions religieuses. En langage démocratique, c’est la majorité des confessions religieuses qui a parlé et qui est sensée avoir raison et que dans le cas échéant, le message subliminal consiste à suggérer au peuple congolais de pouvoir bien en tirer les conséquences logiques.

En encourageant cette rencontre des confessions religieuses, le pouvoir de Kinshasa vise au fond à isoler la Cenco et à affaiblir son opiniâtreté à défendre la vérité et les acquis de l’accord de la Cenco. En isolant la Cenco, c’est surtout à l’esprit et à la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre que ce pouvoir entend s’attaquer pour lui porter une estocade finale. Toutes les manœuvres dilatoires à son actif s’inscrivent dans la droite ligne d’imposer à la nation entière, une nouvelle base juridique, autre que l’accord de la Cenco, pour s’imposer soi-même comme la seule alternative politique possible.

3. La stratégie de la Cenco pour déjouer la perfidie de Kabila.

Lorsqu’en septembre 2016, Joseph Kabila avait demandé aux évêques d’assurer la mission de facilitation entre les forces politiques de la RDC, il avait commis une grave erreur d’appréciation entre la force de l’église réunie en collège épiscopal et la faiblesse de l’un ou l’autre évêque isolé avec qui il a pu s’attacher des faveurs ou qu’il a réussi à manipuler de temps en temps à sa guise. Il avait commis la méprise de sous-estimer la corporation des évêques et de croire qu’il les manipulerait aussi facilement qu’il le fait des opérateurs politiques ou des chefs des confessions religieuses dont il a acheté depuis des lustres la conscience et la soumission tacite à ses ordres.

En réalité, ce n’est pas pour sortir le pays de la crise qu’il avait fait appel aux évêques. C’est uniquement pour trouver un cadre propice qui l’aiderait à franchir sain et sauf le cap du 19 décembre 2016 qui signait la fin de son mandat et de là se donner une certaine légitimité qui lui était désormais refusée par la Constitution.

Les évêques, eux par contre, appréciaient autrement le rôle leur assigné. En acceptant cette mission de bons offices, ils se concentraient plutôt sur deux objectifs fondamentaux : primo, préserver au peuple congolais le bain de sang qui s’annonçait à l’horizon avec la surmilitarisation de la capitale kinoise et secundo, trouver, via un consensus entre opérateurs politiques, un cadre légal qui porterait le peuple congolais vers des élections présidentielles en décembre 2017, sans plus jamais Joseph Kabila comme candidat.

La signature de l’Accord de la Cenco qui établit la cogestion de la transition entre la majorité présidentielle et l’opposition et l’acceptation officielle par Kabila de ne plus se présenter aux prochaines élections présidentielles est une des grandes victoires politiques à mettre à leur compte. Sur les moyens et longs termes, les évêques sont arrivés à battre sans coup férir, juste avec les armes du droit et de la raison, un Joseph Kabila surarmé, qu’ils entendent descendre progressivement de son piédestal sans crépitement d’armes. Ils arrivent tant bien que mal à neutraliser toute son armada militaire, rendant celle-ci obsolète dans le nouvel environnement politique de l’Accord signé le 31 décembre 2016. Ils ont pu par conséquent opposer à la loi de la force, la force de la loi qui jetterait les bases à un Congo démocratique nouveau.

Et lorsque Joseph Kabila cherchera à reculer par rapport aux engagements pris publiquement, il sera trop tard. Les évêques passeront à la vitesse supérieure en prononçant à l’ONU un discours dans lequel ils affirmeront clairement devant l’opinion internationale qu’en RDC toutes les institutions (présidence de la république, gouvernement, parlement etc.) sont déclarées caduques depuis le 19 décembre 2016 et ne tirent plus présentement leur légitimité que dans le cadre de l’Accord de la Cenco qui passera quelques jours plus tard sous forme de la Résolution 2348 de l’ONU.

Lorsque le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Nshole, a tenu vendredi 21 avril 2017 une conférence de presse au cours de laquelle il a lâché cette phrase assassine (« la nomination de Bruno Tshibala constitue une entorse à l’Accord de la Saint Sylvestre »), l’opinion congolaise était loin de savoir que ce prélat reprenait mot à mot la formule des archevêques et évêques qui venaient d’achever le jeudi 20 avril 2017, soit un jour avant, leurs assises extraordinaires sur la crise politique actuelle. Ces derniers venaient de publier un texte musclé avec un intitulé très évocateur « Proclame la Parole de Dieu, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte avec une patience inlassable et un souci d’instruire » 2 Tm 4, 2

Quel est au juste l’objet de leur refus et de leur menace ? D’après leur avis et considération, l’actuel chef du gouvernement a été nommé sans consultation préalable entre le chef de l’État et le chef de la délégation du Rassemblement. Et dans ce contexte, le fait de sortir du compromis convenu entre les parties prenantes ne serait rien d’autre que violer l’accord de la Saint Sylvestre.

Outre cette mise au point on ne peut plus claire sur les racines de la crise politique actuelle, les évêques congolais sont passés au plus concret. Ils ont officiellement lancé un vaste mouvement de vulgarisation de l’Accord du 31 décembre 2016.

Pour ce faire, ils ont remis sur le champ de bataille, la commission épiscopale Justice et Paix pour défendre le contenu de l’Accord de la Saint Sylvestre. Depuis hier lundi 24 jusqu’au jeudi 27 avril prochain, les animateurs de la commission Justice et Paix (CEJP), sous la délégation de la Conférence Épiscopale nationale du Congo, s’emploient à dynamiser le processus d’appropriation nationale de l’Accord politique Global et Inclusif de la Saint Sylvestre 2016.

Concrètement, la Cenco via son organe CEJP, a inauguré hier à Kinshasa, une grande rencontre nationale réunissant toutes les commissions diocésaines Justice et Paix disséminées sur tout let territoire national et en même temps tous les noyaux de la Dynamique Femme pour la Paix. L’objectif principal de ces assises, c’est l’appropriation des fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre et la mise en œuvre d’une synergie d’actions dans tous les diocèses tendant à booster toutes les forces vives de la nation vers un sursaut démocratique.

Pour être plus clair, le secrétaire de la CEJP, le père Clément Makiobo, a exprimé avec insistance, toute la détermination de l’Église Catholique à ne pas se taire face à la violation des droits de l’homme qui a basculé le peuple congolais dans une misère indescriptible. Pour les évêques congolais, la RD Congo n’appartient pas à un groupe d’individus ou à un club d’amis, mais à la nation congolaise tout entière. Ceci dit, la gestion du patrimoine national et les dividendes de cette gestion doivent être l’affaire de toutes les filles et de tous les fils du pays.

L’Église catholique démontre par là jusqu’à quel point elle entend exercer sa mission prophétique envers et contre tout, se décidant à accompagner le peuple congolais dans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre, qui est la seule voie pour porter le peuple vers un état de droit et vers les élections démocratiques.

Les évêques présentent pour cela un carton rouge à toute tentative de manipulation de l’Accord pour des intérêts partisans. Ils présentent clairement leur veto à toute tentative de passage en force de la part du pouvoir en place. Ils se constituent désormais en contrepouvoir contre tous ceux qui mettent leurs intérêts oligarchiques au-dessus de ceux de la collectivité.

D’aucuns se demandaient encore il y a quelques semaines en quoi consistait le plan B des évêques congolais. En lisant attentivement les lignes directrices de cette nouvelle dynamique de la commission épiscopale Justice et Paix, on n’a plus besoin d’être très intelligent pour le comprendre et le voir venir…

Source: CODE243 Facebook

RDC: Kabila et ses soutiens de la MP obtiennent finalement l’échec du dialogue de la CENCO

Après plusieurs stratagèmes, Kabila et ses soutiens de la Majorité Présidentielle ont finalement obtenu ce qu’ils désiraient à savoir l’échec du dialogue de la CENCO et la mort de l’accord de la saint Sylvestre.

Depuis la signature de cet accord le 31/12/2016, la famille politique de Kabila a trainé les peids et multiplié les blocages pour l’application de l’accord de la cenco. Avec la mort d’Etienne Tshisekedi, Kabila et la MP ont cru voler en éclat le principal obstable à leur volonté de se maintenir au pouvoir contre les prescrits de la Constitution.

Selon la cenco, deux points ont continué à diviser la famille politique de Kabila et le Rassemblement notamment le mode de désignation du Premier Ministre et le choix du Président du Conseil National de Suivi de l’Accord. En réalité, Kabila et sa majorité ont voulu réécrire l’accord de la saint Sylvestre, dans un élan de récupération des pouvoirs qui leur avaient été rétiré par l’accord du 31 Décembre 2016.

Au lendemain de l’annonce de l’échec du dialogue de la Cenco, des émeutes et manifestations ont été signalées à Kinshasa, à Lubumbashi, et à Mbuji-Mayi notamment.

Le blocage de l’application de l’accord du 31 Décembre 2016 va générer davantage de violence et va galvaniser le peuple autour d’autres initiatives qui pourraient voir le pays sombrer dans un chaos généralisé.

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RDC: Lumbi confirme la remise de la lettre d’Etienne Tshisekedi à la CENCO

Pierre Lumbi a voulu éteindre la polémique alimentée par la Majorité Présidentielle  par laquelle des ténors de la MP nient l’existence d’une lettre du feu Etienne Tshisekedi, présentant Felix Tshisekedi comme candidat du Rassemblement à la primature en conformité avec l’accord du 31 Décembre 2016. Il a confirmé à la presse qu’il était l’un des porteurs de la fameuse lettre déposée à la CENCO avec un accusé de reception. Lire in extenso son point de presse. pierre lumbi2

 

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RDC: Les évêques dénoncent les attaques contre le patrimoine de l’Eglise

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Message de S.E.Laurent Cardinal Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa
Kinshasa, le dimanche 19.02.2017

Chers Frères et sœurs,

1. Avec toute la nation et l’ensemble de notre peuple, nous nous inclinons devant la mémoire du Président Etienne Tshisekedi, l’icône de la démocratie.
2. Cependant, ces derniers temps, la situation sécuritaire reste préoccupante en RD Congo en général, et à Kinshasa en particulier. Il y a un regain de peur, de colère, voire d’incertitude. Nous avons appris avec indignation, le samedi 18 février 2017 l’incendie d’une partie du Grand Séminaire de Malole par des inciviques, qui ont semé la terreur chez les sœurs carmélites voisines dudit séminaire à Kananga, dans la province de Kasaï Central. On note aussi des propos discourtois à l’endroit des autorités de l’Eglise catholique (cfr le passage de jeunes gens le mardi 7, le vendredi 10 et le samedi 11 février 2017 à l’Archevêché de Kinshasa, créant ainsi une atmosphère de panique). De plus, le dimanche 19 février 2017, la paroisse saint Dominique de Limete a été visitée par une vingtaine de jeunes gens mal intentionnés. Ils ont profané l’église : ils ont renversé le tabernacle, l’autel a été sérieusement saccagé, des bancs ont été cassés, jusqu’à vouloir incendier l’église. Le dégât matériel est important. La communauté des Pères Oblats à la 10ème rue résidentielle n’a pas été épargnée. Nous stigmatisons et condamnons avec force ces actes qui frisent la barbarie.

3. Ces événements laissent croire que l’Eglise catholique est visée, de manière intentionnelle, pour torpiller sa mission de paix et de réconciliation, au moment où la Cenco poursuit sa mission de bons offices au centre interdiocésain. En communion avec la Cenco, nous soutenons sa démarche et tous ses efforts pour l’avènement d’un Etat de droit afin que les institutions destinées à gérer le pays soient mises en place, pour améliorer les conditions de vie du peuple congolais, dont la misère ne fait que s’accentuer, et garantir les libertés fondamentales et la dignité humaine.

4. Pour rappel, la Cenco ne joue qu’un rôle de médiateur. Il appartient aux hommes politiques de reconnaître avec humilité, devant la nation et la communauté internationale, leur velléité politique et la turpitude de leurs choix nombrilistes qui conduisent à l’impasse ou au blocage des institutions. Ils en assumeront la responsabilité devant l’histoire.
5. Nous invitons instamment les uns et les autres à faire preuve de sagesse, de retenue, d’esprit démocratique pour résoudre la question relative à la désignation du Premier ministre et aux autres questions connexes, en vue de décanter la crise qui ne fait que durer et risque de mettre en péril la tenue des élections prévues à la fin de cette année selon les accords de la Saint Sylvestre dont le peuple congolais attend urgemment l’application.

6. Avec tous les évêques, nous dénonçons ces actes de violence susceptibles de replonger notre pays dans un chaos indescriptible. Nous invitons les autorités de notre pays à arrêter cette tension et à assurer la protection des biens et des personnes, surtout le patrimoine de l’Eglise catholique qui est fortement visé.
7. Puisse le Seigneur accorder à notre pays une paix durable dans la justice, la vérité et l’amour du peuple, pour lequel le Président Etienne Tshisekedi a combattu sans relâche. Ne souillons pas sa mémoire. Aussi lui rendons-nous un hommage mérité, tout en priant pour son salut éternel. Que la Vierge Marie, Mère du Rédempteur, Notre Dame du Congo et Reine de la Paix, nous obtienne de son Fils, la Paix en abondance.
+ L. Card. Monsengwo Pasinya
Archevêque

RDC: La Dynamique de l’opposition fustige le terrorisme d’Etat et l’insécurité généralisée

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DYNAMIQUE DE L’OPPOSITION POLITIQUE CONGOLAISE

DECLARATION
Les membres de la Dynamique de l’opposition se sont réunis ce jeudi 16 février 2017, date mythique dans l’histoire politique congolaise, pour examiner l’évolution de la situation générale du pays depuis la disparition inopinée, le 1er février 2017 à Bruxelles, du Président Etienne Tshisekedi Wa Mulumba;

S’inclinant devant la mémoire de l’illustre disparu, la Dynamique de l’opposition salue de nouveau son combat politique pour l’avènement d’un Etat de droit dans notre pays, combat pour lequel il s’est distingué par une abnégation et une constance exemplaires, sources d’inspiration pour nous et, à jamais, héritage pour les générations futures;

La Dynamique de l’opposition considère que la disparition du Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba est certes, un coup dur pour le Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement, il est également un appel à élever notre sens de responsabilité dans notre perception et notre mode de gestion des défis auxquels notre pays est actuellement confronté.

Dans une société congolaise où l’intérêt privé a pris le pas sur l’intérêt général, honorer la mémoire du Président Etienne Tshisekedi, c’est reprendre à bras le corps la lutte et la continuer sans atermoiement de manière à répondre avec courage et détermination à ces défis dans l’intérêt de la paix, de la démocratie, de la concorde nationale, de la stabilité et du développement de notre pays. C’est cela que le peuple attend de nous et rien d’autre.

Voilà pourquoi, en cette circonstance particulière, la Dynamique réitère son ferme engagement à poursuivre ce combat dans l’intérêt du seul peuple congolais.

En évoquant le combat historique du peuple congolais pour la démocratie, l’on se rappellera qu’il y a exactement 25 ans aujourd’hui, le 16 février 1992, des milliers de Congolais étaient descendus dans les rues, marchant pacifiquement pour revendiquer la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine, forum national dont les résolutions étaient destinées à baliser le chemin de la démocratie et du changement dans notre pays; forum à l’issue duquel le regretté Président Etienne TSHISEKEDI avait été élu Premier Ministre de la République. La suite, on la connaît.

Sur ordre du maître du régime dictatorial de la 2ème République, la soldatesque avait tiré à bout portant sur les manifestants, faisant des centaines de victimes dont les morts, les blessés et les fracturés.

Connu sous le vocable «massacre de Kinshasa», ou encore boucherie de Kinshasa, ce carnage avait endeuillé plusieurs familles. Cependant, les auteurs intellectuels et matériels de ces massacres n’en sont pas sortis sans perdre des plumes. Sous le coup de la pression tant interne qu’internationale, le régime sanguinaire s’était progressivement affaibli et ce, jusqu’à sa chute.

Bien que réprimée dans le sang, la mobilisation populaire lors de cette journée du 16 février avait eu le mérite de démontrer que plus fort que tout un peuple n’existe nulle part au monde et que, dans son attachement et son aspiration à la démocratie, il y a longtemps que le peuple congolais a chassé la peur et vaincu la terreur;

25 ans jour pour jour, en ce jeudi 16 février 2017, jour où nous commémorons la grande marche des chrétiens pour la démocratie, le devoir de mémoire nous place, nous membres de la Dynamique de l’opposition, dans l’obligation de rendre ici, solennellement et de manière particulière, un hommage appuyé aux victimes de cette tragédie particulièrement et, partant, à tous les martyrs de la liberté et de la démocratie, victimes aujourd’hui encore de l’intolérance politique et de la répression aveugle.

La Dynamique de l’opposition tient à rappeler à tous et toutes que les évènements de la semaine du 19 au 25 janvier 2015, des 19 et 20 septembre 2016, les nombreuses manifestations réprimées dans le sang, les meetings populaires étouffés, les tueries, les arrestations et tracasseries diverses de ces dernières années contre les membres de l’opposition, les journalistes et les activistes des droits de l’homme sont la preuve que le combat pour la liberté est encore loin d’être gagné.

En ce moment crucial où notre pays est à un tournant décisif de son histoire et que les discussions sur l’arrangement particulier ont repris autour de la CENCO pour la mise en œuvre effective de l’accord politique du 31 décembre 2016 signé au Centre Interdiocésain, la Dynamique de l’opposition :

1. appelle la population en général et particulièrement tous ses membres à la vigilance et à l’unité pour défendre la République et à travers elle, défendre l’accord de la Saint sylvestre, seule source de légitimité de toutes les institutions et des animateurs de la période pré-électorale et électorale et, œuvre pour laquelle, la Dynamique rappelle et salue l’implication personnelle du très regretté Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba;

2. appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de responsabilité afin de créer, comme le veut notre peuple, les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires pour l’organisation des obsèques nationales dignes de son rang par la mise en œuvre de l’esprit et la lettre de cet accord qui doit permettre, dans le délai prévu, le retour au fonctionnement régulier des institutions de la République;

3. condamne cependant, avec la dernière énergie, les tueries qui ont tout l’air d’un terrorisme d’Etat et qui s’observent en ce moment sur l’ensemble du territoire national, plus particulièrement dans les dossiers du Chef Kamuena Nsapu au Kasaï central et plus récemment dans celui des adeptes de Ne Muanda Nsemi à Kinshasa et au Kongo central. Il en va de même des affrontements meurtriers qui opposent les pygmées aux bantous dans le Tanganyika. Mis ensemble, ces massacres projetés en image à la télévision traduisent à la fois la désintégration de l’Etat et la désacralisation dangereuse de la vie humaine;

4. fustige l’insécurité généralisée délibérément créée sur l’ensemble du territoire national et qui, en l’absence d’une réaction appropriée du pouvoir pour y mettre fin, est de plus en plus perçue comme la stratégie de la terre brûlée pour plomber l’accord du 31 décembre 2016 et ainsi contourner son objectif prioritaire, à savoir la tenue des élections en vue de favoriser l’alternance pacifique et démocratique dans notre pays;

5. dénonce énergiquement la déclaration irresponsable du Ministre du Budget faite au cours de sa conférence de presse du 15 février courant annonçant «l’ impossibilité de mobiliser 1.8 milliards de dollars cette année pour les élections», montant sans fondement et non audité, correspondant au budget initial réclamé en son temps par la CENI pour la tenue de toutes les élections y compris les locales.

La Dynamique :

6. attire l’attention de tous sur le fait que si les élections ne sont pas organisées comme le prévoit l’accord du 31 décembre 2016, notre pays risque de plonger dans une crise encore plus profonde et aux conséquences incalculables;

7. remercie une fois de plus les Evêques membres de la CENCO et les encourage à poursuivre leur médiation avec la même persévérance pour la mise en œuvre rapide de l’accord de la Saint Sylvestre;

8. demeure engagée dans l’unité des forces de l’opposition au sein du ‘’RASSEMBLEMENT’’ pour faire aboutir la lutte du peuple congolais au service de l’alternance et de l’Etat de droit;

9. annonce dans cette perspective que, conformément à la résolution prise lors de sa toute première convention tenue à Kinshasa du 04 au 06 novembre 2015, elle tiendra sa deuxième convention du 13 au 15 mars prochain à Kinshasa.

10. appelle le peuple congolais à demeurer plus que jamais vigilant pour qu’ensemble nous puissions consolider la démocratie dans notre pays par la tenue effective des élections cette année et ainsi garantir la paix, la stabilité et le développement de la RDC ;

11. Enfin, est venue pour moi l’occasion de tenir ma parole. Il vous souviendra que le 17 janvier 2017, jour de commémoration de la mort de Patrice Emery LUMUMBA, notre héros de la lutte pour l’indépendance, il m’a été confié la modération de la Dynamique de l’opposition. Conformément au contrat de confiance qui nous lie, j’avais pris l’engagement de respecter le principe de rotation mensuelle cher à notre plateforme.

En ce jeudi 16 février, jour où nous nous rappelons la marche patriotique et héroïque des chrétiens, j’ai le plaisir de vous annoncer solennellement que, attaché aux valeurs démocratiques et engagé dans la lutte pour l’alternance en RDC, je termine ma modération mensuelle de la Dynamique de l’opposition, afin de donner la chance à l’enracinement des valeurs que nous défendons dans notre vécu quotidien. C’est ce que le peuple attend de nous.

Cela étant, je passe chaleureusement et avec fierté la main à l’Honorable Martin FAYULU MADIDI et vous demande, en signe de confiance et d’encouragement, de vous lever pour l’acclamer. (Merci)

Je tiens sincèrement à remercier tous mes collègues membres de la Dynamique ici présents pour la collaboration qu’ils m’ont offerte et pour la confiance placée en ma modeste personne durant l’exercice de mon mandat. Je souhaite à mon ami et éminent successeur plein succès. Comme pour le pouvoir, il y a une vie après le mandat, je suis également convaincu qu’il y a une vie après la modération.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son vaillant peuple.
Fait à Kinshasa, le 16 février 2017
Honorable Claudel André LUBAYA
Modérateur”

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