«Dialogue. Assurée de la Primature, l’opposition lâche tout»

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Revue de presse kinoise de mercredi 12 octobre 2016.

Les journaux parus mercredi 12 octobre s’intéressent aux travaux du dialogue national ouvert depuis le 1er septembre à Kinshasa.

Ce forum est pour l’heure dans l’impasse suite aux désaccords entre la majorité présidentielle et l’opposition. Des divergences résident notamment au niveau du respect de la constitution, le mandat du président de la République et le calendrier électoral.

Des divergences à conjuguer désormais au passé, estime Le Phare qui titre à la une : «Dialogue. Assurée de la Primature, l’opposition lâche tout».

Tout s’est concocté, écrit le journal, mardi 11 octobre à Pullman Hôtel, à Gombe, lors d’une énième séance de travail, en « comité restreint », entre des délégués de la MP et de l’Opposition ; alors que le facilitateur Edem Kodjo devrait convoquer une plénière le même jour.

Conformément aux calculs de la MP, l’opposition a cédé sur toute la ligne, ne posant plus la moindre condition pour le statut du chef de l’Etat après l’expiration de son second et dernier mandat, le 19 décembre 2016, ni sur la date exacte de la tenue couplée des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, ni sur la durée de la transition, encore moins sur la libération des prisonniers politiques ou la réouverture des médias, s’étonne Le Phare.

Pour quotidien, la course à la primature est à présent ouverte, en interne, entre le camp de Vital Kamerhe, co-modérateur du dialogue pour le compte de l’opposition, et celui de Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat et «Autorité morale» de l’Opposition Républicaine, une plate-forme qui revendique le leadership de l’opposition.

Derniers réglages au dialogue, écrit La Prospérité à la une : «Primature : la Majorité lâche, l’Opposition aux commandes!»

Le journal annonce que c’est maintenant une question de jours ou d’heures pour la signature de l’accord politique afin de sceller le principe de la gestion consensuelle de la période intérimaire.
Ainsi, un accord politique quel qu’il soit, même si l’on sait d’avance qu’il ne saurait être accepté par les sociétaires du Rassemblement de l’Opposition, sera-t-il signé, en fin de cette  semaine, projette La Prospérité.

À en croire le quotidien, Edem Kodjo, le facilitateur désigné par l’Union africaine et appuyé par l’ONU, va très prochainement plier bagages et rendre le tablier à ses mandants. Ceci ouvrirait, par conséquent, la voie à l’avènement d’un autre médiateur qui, normalement, dans le souci de rechercher un large consensus ainsi qu’une  véritable « inclusivité », pourrait se jeter dans les eaux bouillantes de la bouillabaisse politique congolaise, pour rééditer, une fois de plus, l’exploit de la pêche miraculeuse, en allant vers l’inoxydable Tshisekedi et ses colistiers de l’opposition radicale congolaise, ajoute la même source.

Et, dans cette perspective, suppute La Prospérité, le nom de Kofi Annan supplante celui de Said Djinnit qui, s’il était désigné, risquerait de subir le même sort que Kodjo, en essuyant des flèches enflammées de la « satanisation » de la part du Rassemblement des Forces politiques et sociales pour le changement, du fait d’avoir déjà œuvré dans une mission similaire, dans la Région des Grands Lacs.

En attendant, « La SADC consulte », révèle Le Potentiel. En séjour dans la capitale, une délégation de la SADC a entamé des consultations avec tous les protagonistes en vue d’un dialogue plus inclusif.
Le journal craint « l’irréparable qui se profile à l’horizon ». Une situation que « personne ne voudrait vivre « si les deux principaux protagonistes, à savoir le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassemblement) et la Majorité présidentielle (MP) offrent le décor de deux armées sur le pied de guerre, la communauté internationale, elle, joue à l’apaisement. Celle-ci reste convaincue de la nécessité de préserver la paix et la coexistence dans un pays où l’embrasement général n’épargnerait ni la sous-région ni le continent africain, écrit le journal.

Forum des AS de son côté fait échos du Parlement et titre : « Le groupe parlementaire UDPS et alliés est formel. Samy Badibanga demeure son président ». Le journal dit en savoir un peu plus sur la « fronde » qui secoue le groupe parlementaire UDPS et Alliés depuis quelques jours. Un coin du voile s’est levé avec le communiqué signé mardi 11 octobre par le rapporteur adjoint dudit groupe, le député Ambatobe Nyongolo.

Dans ce document, l’élu de Fizi indique que les cinq membres qui ont déclaré avoir démis le président du groupe, le député national Samy Badibanga, n’en ont pas qualité «ni pour convoquer une quelconque réunion ni pour engager le groupe en quoi que ce soit».

Selon le rapporteur adjoint du groupe parlementaire UDPS et alliés, Fabien Mutomb, Jean-Claude Vuemba et Papy Niango ont été suspendus par le Président du Groupe pour «usurpation de pouvoir, faux et usage de faux, détournement des fonds pour avoir retiré, sans qualité, les fonds destinés au groupe auprès de la comptabilité de l’Assemblée nationale ; et insubordination», révèle Forum des As qui indique que les membres « putschistes » agiraient juste pour plaire à Etienne Tshisekedi.

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RDC : l’ONU s’inquiète d’une aggravation des tensions politiques

 

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11 octobre 2016 – A l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation en République démocratique du Congo (RDC), le Représentant spécial du Secrétaire général dans ce pays, Maman Sambo Sidikou, a mis en garde mardi contre une aggravation des tensions politiques, alors que la crise électorale est devenue une crise constitutionnelle.

« La situation politique demeure extrêmement fragile en RDC, ce qui contribue aux tensions accrues, à une réduction continue de l’espace politique et à un risque très réel de voir la situation se dégrader davantage », a déclaré M. Sidikou devant les membres du Conseil.

Selon lui, malgré les efforts déployés par le Facilitateur nommé par l’Union Africaine, Edem Kodjo, et le soutien continu des Nations Unies et de la communauté internationale à ses efforts, les avancées dans le dialogue national ont été limitées.

« La République démocratique du Congo est entrée dans une période de risque extrême pour sa stabilité. La crise électorale est devenue une crise constitutionnelle, avec l’approfondissement de la polarisation politique et aucune résolution immédiate en vue », a dit M. Sidikou. « Les acteurs de tous les côtés apparaissent de plus en plus disposés à recourir à la violence pour parvenir à leurs fins, tandis que l’espace pour une activité politique constructive a encore diminué. Si cette tendance se poursuit, je crois qu’une violence à grande échelle est inévitable ».

Le Représentant spécial a déclaré que la Mission des Nations Unies pour stabilisation en RDC (MONUSCO) ferait tout ce qu’elle peut dans le cadre de son mandat pour protéger les civils mais que « l’ampleur des menaces dépasse de façon spectaculaire les capacités de la Mission ».

Selon M. Sidikou, la seule solution est pour les parties de participer de nouveau à un processus inclusif qui trace un chemin vers la paix pour le pays.

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Pourquoi le peuple congolais se doit de rejeter l’accord entre Kamhere et ses pairs de la MP

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Un accord politique sur des divergences créées de toute pièce pour le besoin la cause. La sequence des élections est un faux problème. La question est réglée par l’article 73 de la Constitution. Les présidentielles ont déjà une date constitutionnelle ainsi que l’alternance démocratique (passation de pouvoir). En outre, il existe aussi un cadre constitutionnel pour un calendrier électoral des présidentielles en cas de vacance du pouvoir… Le Président intérimaire a jusqu’à trois mois pour organiser les présidentielles. Pas plus… On ne peut pas imaginer un dépassement allant au-delà de 6 mois par exemple. Kamerhe semble s’être convenu avec ses anciens pairs de la majorité présidentielle pour un glissement qui va au-delà de 16 mois et la tenue simultanée des tous les scrutins (présidentielles, législatives, provinciales, et locales si la CENI en remplit les conditions). C’est un non-événement. Ces conclusions sont à rejeter parce que non seulement elles violent la Constitution, mais sortent du cadre constitutionnel. La question de la séquence des élections est une pure fantaisie de la MP. En réalité Kamerhe n’a rien obtenu de tangible pour le respect de la Constitution ou tout au moins du cadre constitutionnel (l’esprit de la Constitution). C’est une farce de plus. Le peuple Congolais doit se mettre debout pour exiger le départ immédiat de Kabila et la mise en place d’une équipe qui prépare en priorité la tenue des présidentielles afin de se conformer à la lettre et/ou à l’esprit de la Constitution. Fini le temps des accords politiques circonstanciels et taillés sur mesure.

Mazembo Mavungu Eddy

Docteur en Sciences Politiques de l’Université de Witwatersrand, Afrique du Sud

Fondateur de Lecongolais.net (News, Analysis, Research and Publishing) et de Diela Information Systems (Web Solutions)

Co-Fondateur et Ancien Directeur Exécutif du Forum des Organisations Congolaises en Afrique du Sud (FOCAS)

Co-Fondateur et Membre du comité exécutif de Congo Renaissance (ONG)

Auteur des plusieurs publications scientifiques. Les plus récentes sur la politique en RDC sont :

Politique et Territoire en République Démocratique du Congo: Une Analyse du processus d’installation des nouvelles provinces (paru dans Congo-Afrique)

Stay in Power Whatever it takes: Fraud and Repression during the 2011 elections in the Democratic Republic of Congo (Paru dans African Journal of Elections)

Contacts: mazemb_eddy@yahoo.fr  @mazembo (twitter) @lecongolaisNet