RDC: VOICI POURQUOI LE POUVOIR S’AGITE CONTRE LA CENCO.

cenco2016-12-02-3

Le week-end passé, la presse écrite et celle audio-visuelle nous ont inondé des communiqués au vitriol contre les évêques catholiques qui auraient pris position devant le flou politique faisant suite à la nomination de Bruno Tshibala. Pourquoi une telle agitation du régime de Kabila devant une pareille évidence ? Que voudrait bien cacher cet acharnement politique contre les prélats qui n’ont rappelé que la vérité des faits?

1. En éventrant le boa, les évêques ont mis à nu la roublardise du régime en place.

Ils ont donc remis les pendules à l’heure en précisant l’esprit et la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre en rappelant qu’eux, les anciens facilitateurs à la base de l’accord de la Cenco, ne reconnaissent qu’un seul rassemblement, celui piloté par Félix Tshisekedi et que par conséquent la nomination de Bruno Tshibala en dehors de cette plate-forme politique devient bel et bien une entorse à l’accord tel que stipulé le 31 décembre 2016.

Cette position clairement exprimée des évêques a soulevé un tollé de la part du régime qui a vite repris l’argument de la laïcité de l’État congolais et de l’incapacité tout autant juridique que constitutionnelle des évêques catholiques à s’opposer à la ligne politique du gouvernement. D’autres les ont taxés de ne pas se mettre au milieu du village et de rouler pour le compte du Rassemblement contre la majorité présidentielle. D’autres encore sont carrément passés à l’injure facile pour souiller l’autorité morale des pasteurs catholiques.

La vérité est que Joseph Kabila et les siens ont cru jouer au malin en croyant appliquer vis-à-vis de l’église, le schéma de débauchage pour affaiblir l’adversaire et de là imposer son plan machiavélique. Durant la longue transition consécutive aux travaux de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), Joseph-Désiré Mobutu avait réussi à bâillonner les aspirations profondes du peuple en créant le même scénario que nous observons ce temps dernier.

Au moment où il fallait appliquer les accords de la CNS, il nomma à la surprise de tous, un transfuge de l’UDPS, Faustin Birindwa comme premier ministre en lieu et place de son compagnon de lutte Étienne Tshisekedi, qui était coopté par les forces de l’Union Sacrée de l’Opposition radicale (Usor). Ce qui accentua la crise politique, divisant irrémédiablement le pays en deux camps, notamment celui de la mouvance présidentielle et ses partis politiques satellites d’une part et de l’autre part, celui de la vraie opposition radicale jumelée à la majorité du peuple zaïrois de l’époque.

Depuis le 5 avril où Joseph Kabila a franchi le Rubicon de la légalité en nommant à son tour à la surprise de tous, un autre transfuge de l’UDPS, Bruno Tshibala en lieu et place de Félix Tshisekedi, coopté par le véritable Rassemblement de l’opposition (Rassop), nous sommes en train de revivre le scénario qui avait plongé jadis le pays dans un chaos indescriptible entre 1992-1997. Et ce, avec raison d’autant plus que de nombreux conseillers de l’ombre de Kabila semblent être ceux-là mêmes qui avaient alimenté jadis l’entêtement de Mobutu jusqu’à sa fuite le 16 mai 1997.

En prenant leur courage de prendre position et de dénoncer les déviations politiques de partenaires de l’Accord du 31 décembre 2016, les évêques expriment clairement leur refus de voir se prolonger ad æternam une crise qui aggrave davantage une situation sociale déjà trop précaire pour le petit peuple et dont se moque éperdument les « mercenaires » et “kuluna” au pouvoir.

L’on se trouve ainsi devant deux visions de l’avenir du Congo : d’une part, les évêques qui veulent porter le pays vers un état démocratique et prospère par la mise en œuvre de l’accord de la Cenco et d’autre part, le pouvoir de Kabila qui travaille farouchement pour le statu quo et pour le maintien en poste du président sortant pour une durée indéterminée et ce, dans un cadre extra-constitutionnel.

2. Les armes de Kabila pour parvenir à ses fins.

Du point de vue de Kabila et de sa famille politique, la voix des eveques s’avère discordante vis-à-vis du gros mensonge qu’ils ont décidé à faire passer dans l’opinion nationale et internationale et selon lequel le nouveau nommé premier ministre est bel et bien un représentant légitime de l’opposition congolaise. Le déni des pasteurs catholiques dérange et jette un grain de sable dans la machine de propagande politique du pouvoir en place.

Pour châtier l’audace des évêques à vouloir à tout prix défendre la vérité historique jugée contreproductive à ses desseins politiques, la majorité présidentielle ne se contente plus de simples critiques acerbes et des injures faciles.

Kabila a fait de Kinshasa et d’autres villes jugées à haut risque pour son pouvoir, des citées assiégées par des forces militaires et policières et même par des milices étrangères.

Il est devenu si facile d’assimiler la méthode de terreur que les sbires de Kabila ont mise en œuvre depuis quelque temps, en mettant à sac des églises et des couvents religieux catholiques et en commanditant le pillage des séminaires et d’autres maisons de formation ecclésiastique, avec l’objectif clair de démystifier des personnes consacrées et de déstabiliser l’organisation interne de l’église jugée trop puissante et nuisible à leurs goûts.

Au Kassaï, plus précisément dans les diocèses de Kananga, de Mbuji-Mayi, de Luiza et de Luebo, les membres du clergé tout comme des infrastructures publiques et ecclésiastiques comme les écoles, les hôpitaux et autres, sont devenus des cibles numéro un du pouvoir. A Kinshasa, notamment à Limete et à Ngaliema, ils ont carrément vandalisé des églises et des tabernacles où siège le Roi des rois.

Dans l’entendement des commanditaires de ces sales besognes, cette intimidation pousserait les bergers (évêques) sinon à la retenue du moins au silence et à la peur de parler.

Au regard de l’accueil général du travail de facilitation des évêques de la part des masses populaires congolaises et de la reconnaissance par la communauté internationale de l’Accord de la Cenco coulé sous forme de Résolution 2348 du conseil de Sécurité de l’ONU, le pouvoir de Kabila a décidé d’utiliser l’artillerie lourde via une intense activité diplomatique qui, depuis, pousse She Okitundu, le ministre des affaires étrangères, à passer d’un avion à un autre pour aller au bout du monde défendre Kabila et son régime dont la chute politique semble déjà programmée d’après les articles l’Accord de la Saint Sylvestre.

La dernière visite d’une délégation de la SADC à Kinshasa et le récent voyage de Kabila en Égypte et au Gabon s’inscrivent tous dans cette démarche diplomatique consistant à chercher des soutiens régionaux et internationaux à l’échelle africaine.

Outre cet instrument diplomatique, le régime utilise son arme légendaire des divisions des congolais des uns des autres, créant confusion et dissension, même auprès de ce recours religieux qui reste comme seule référence morale crédible pour les populations congolaises qui se sentent carrément abandonnées par leurs dirigeants politiques.

Tenez! Hier lundi 24 avril 2017, nous avons pris connaissance du communiqué officiel lu par le révérend Elebe Kapalay, représentant de l’Église Kimbanguiste et porte-parole des chefs de confessions religieuses de la RDC. Au nom de ses pairs, ce dernier appelait tous les acteurs politiques et sociaux concernés par l’accord de la saint Sylvestre à collaborer avec le premier ministre Bruno Tshibala nommé par le président Joseph Kabila.

« Les chefs des confessions religieuses exhortent les acteurs politiques et sociaux, toutes tendances confondues, au dépassement de soi et à se mettre autour de Monsieur Bruno Tshibala Nzenzhe nommé Premier ministre, chef du gouvernement par le chef de l’État, après plusieurs mois d’atermoiements de la classe politique pour former le gouvernement d’union nationale devant rapidement amener le peuple congolais aux élections », a déclaré ce collectif religieux dans un communiqué conjoint.

Il faut noter que cette déclaration publique a été signée par tous les représentants des confessions religieuses congolaises, à l’exception de l’église catholique.

En d’autres termes, le pouvoir veut signifier à l’opinion congolaise que la parole de l’église catholique si minorée n’est pas parole d’évangile et que n’étant pas la seule église en RDC, sa position doit être tenue pour négligeable par rapport à la voix de toutes les autres confessions religieuses. En langage démocratique, c’est la majorité des confessions religieuses qui a parlé et qui est sensée avoir raison et que dans le cas échéant, le message subliminal consiste à suggérer au peuple congolais de pouvoir bien en tirer les conséquences logiques.

En encourageant cette rencontre des confessions religieuses, le pouvoir de Kinshasa vise au fond à isoler la Cenco et à affaiblir son opiniâtreté à défendre la vérité et les acquis de l’accord de la Cenco. En isolant la Cenco, c’est surtout à l’esprit et à la lettre de l’Accord de la Saint Sylvestre que ce pouvoir entend s’attaquer pour lui porter une estocade finale. Toutes les manœuvres dilatoires à son actif s’inscrivent dans la droite ligne d’imposer à la nation entière, une nouvelle base juridique, autre que l’accord de la Cenco, pour s’imposer soi-même comme la seule alternative politique possible.

3. La stratégie de la Cenco pour déjouer la perfidie de Kabila.

Lorsqu’en septembre 2016, Joseph Kabila avait demandé aux évêques d’assurer la mission de facilitation entre les forces politiques de la RDC, il avait commis une grave erreur d’appréciation entre la force de l’église réunie en collège épiscopal et la faiblesse de l’un ou l’autre évêque isolé avec qui il a pu s’attacher des faveurs ou qu’il a réussi à manipuler de temps en temps à sa guise. Il avait commis la méprise de sous-estimer la corporation des évêques et de croire qu’il les manipulerait aussi facilement qu’il le fait des opérateurs politiques ou des chefs des confessions religieuses dont il a acheté depuis des lustres la conscience et la soumission tacite à ses ordres.

En réalité, ce n’est pas pour sortir le pays de la crise qu’il avait fait appel aux évêques. C’est uniquement pour trouver un cadre propice qui l’aiderait à franchir sain et sauf le cap du 19 décembre 2016 qui signait la fin de son mandat et de là se donner une certaine légitimité qui lui était désormais refusée par la Constitution.

Les évêques, eux par contre, appréciaient autrement le rôle leur assigné. En acceptant cette mission de bons offices, ils se concentraient plutôt sur deux objectifs fondamentaux : primo, préserver au peuple congolais le bain de sang qui s’annonçait à l’horizon avec la surmilitarisation de la capitale kinoise et secundo, trouver, via un consensus entre opérateurs politiques, un cadre légal qui porterait le peuple congolais vers des élections présidentielles en décembre 2017, sans plus jamais Joseph Kabila comme candidat.

La signature de l’Accord de la Cenco qui établit la cogestion de la transition entre la majorité présidentielle et l’opposition et l’acceptation officielle par Kabila de ne plus se présenter aux prochaines élections présidentielles est une des grandes victoires politiques à mettre à leur compte. Sur les moyens et longs termes, les évêques sont arrivés à battre sans coup férir, juste avec les armes du droit et de la raison, un Joseph Kabila surarmé, qu’ils entendent descendre progressivement de son piédestal sans crépitement d’armes. Ils arrivent tant bien que mal à neutraliser toute son armada militaire, rendant celle-ci obsolète dans le nouvel environnement politique de l’Accord signé le 31 décembre 2016. Ils ont pu par conséquent opposer à la loi de la force, la force de la loi qui jetterait les bases à un Congo démocratique nouveau.

Et lorsque Joseph Kabila cherchera à reculer par rapport aux engagements pris publiquement, il sera trop tard. Les évêques passeront à la vitesse supérieure en prononçant à l’ONU un discours dans lequel ils affirmeront clairement devant l’opinion internationale qu’en RDC toutes les institutions (présidence de la république, gouvernement, parlement etc.) sont déclarées caduques depuis le 19 décembre 2016 et ne tirent plus présentement leur légitimité que dans le cadre de l’Accord de la Cenco qui passera quelques jours plus tard sous forme de la Résolution 2348 de l’ONU.

Lorsque le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Nshole, a tenu vendredi 21 avril 2017 une conférence de presse au cours de laquelle il a lâché cette phrase assassine (« la nomination de Bruno Tshibala constitue une entorse à l’Accord de la Saint Sylvestre »), l’opinion congolaise était loin de savoir que ce prélat reprenait mot à mot la formule des archevêques et évêques qui venaient d’achever le jeudi 20 avril 2017, soit un jour avant, leurs assises extraordinaires sur la crise politique actuelle. Ces derniers venaient de publier un texte musclé avec un intitulé très évocateur « Proclame la Parole de Dieu, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte avec une patience inlassable et un souci d’instruire » 2 Tm 4, 2

Quel est au juste l’objet de leur refus et de leur menace ? D’après leur avis et considération, l’actuel chef du gouvernement a été nommé sans consultation préalable entre le chef de l’État et le chef de la délégation du Rassemblement. Et dans ce contexte, le fait de sortir du compromis convenu entre les parties prenantes ne serait rien d’autre que violer l’accord de la Saint Sylvestre.

Outre cette mise au point on ne peut plus claire sur les racines de la crise politique actuelle, les évêques congolais sont passés au plus concret. Ils ont officiellement lancé un vaste mouvement de vulgarisation de l’Accord du 31 décembre 2016.

Pour ce faire, ils ont remis sur le champ de bataille, la commission épiscopale Justice et Paix pour défendre le contenu de l’Accord de la Saint Sylvestre. Depuis hier lundi 24 jusqu’au jeudi 27 avril prochain, les animateurs de la commission Justice et Paix (CEJP), sous la délégation de la Conférence Épiscopale nationale du Congo, s’emploient à dynamiser le processus d’appropriation nationale de l’Accord politique Global et Inclusif de la Saint Sylvestre 2016.

Concrètement, la Cenco via son organe CEJP, a inauguré hier à Kinshasa, une grande rencontre nationale réunissant toutes les commissions diocésaines Justice et Paix disséminées sur tout let territoire national et en même temps tous les noyaux de la Dynamique Femme pour la Paix. L’objectif principal de ces assises, c’est l’appropriation des fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre et la mise en œuvre d’une synergie d’actions dans tous les diocèses tendant à booster toutes les forces vives de la nation vers un sursaut démocratique.

Pour être plus clair, le secrétaire de la CEJP, le père Clément Makiobo, a exprimé avec insistance, toute la détermination de l’Église Catholique à ne pas se taire face à la violation des droits de l’homme qui a basculé le peuple congolais dans une misère indescriptible. Pour les évêques congolais, la RD Congo n’appartient pas à un groupe d’individus ou à un club d’amis, mais à la nation congolaise tout entière. Ceci dit, la gestion du patrimoine national et les dividendes de cette gestion doivent être l’affaire de toutes les filles et de tous les fils du pays.

L’Église catholique démontre par là jusqu’à quel point elle entend exercer sa mission prophétique envers et contre tout, se décidant à accompagner le peuple congolais dans la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre, qui est la seule voie pour porter le peuple vers un état de droit et vers les élections démocratiques.

Les évêques présentent pour cela un carton rouge à toute tentative de manipulation de l’Accord pour des intérêts partisans. Ils présentent clairement leur veto à toute tentative de passage en force de la part du pouvoir en place. Ils se constituent désormais en contrepouvoir contre tous ceux qui mettent leurs intérêts oligarchiques au-dessus de ceux de la collectivité.

D’aucuns se demandaient encore il y a quelques semaines en quoi consistait le plan B des évêques congolais. En lisant attentivement les lignes directrices de cette nouvelle dynamique de la commission épiscopale Justice et Paix, on n’a plus besoin d’être très intelligent pour le comprendre et le voir venir…

Source: CODE243 Facebook

Edem Kodjo : « Le processus électoral en RDC n’a pas avancé depuis un an »

edem kodjo2

Nommé facilitateur de l’Union africaine pour la RD Congo, le Togolais Edem Kodjo livre son analyse de la situation politique dans le pays, qui semble de plus en plus bloquée. Interview.

C’est ce qui s’appelle ramer à contre-courant. La majeure partie de de l’opposition refusant tout « dialogue » avec le pouvoir au sujet du calendrier électoral, Edem Kodjo n’a pas la partie facile.

L’ancien Premier ministre togolais est convaincu que seul le dialogue peut sortir le pays de l’impasse, mais l’opposition craint, elle, que le président Joseph Kabila ne s’en serve que dans le but de prolonger son ultime mandat constitutionnel.

De retour d’une mission à Kinshasa, Edem Kodjo a répondu aux questions de Jeune Afrique, en marge du sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba.

Vous revenez d’une visite à Kinshasa pour faciliter le dialogue politique dans ce pays. Quelle est la situation sur place ?

J’ai rencontré la plupart des acteurs : le président de la république, la Ceni [Commission électorale nationale indépendante], le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, le cardinal Monsengwo et tous les partis politiques à l’exception de ceux qui refusent catégoriquement le dialogue. Le MLC [Mouvement de libération du congo, parti de Jean-Pierre Bemba] est venu. Ses représentants m’ont dit : « nous ne voyons pas l’opportunité d’un autre dialogue ». J’ai répondu « vous avez peut-être raison. Mais il y a suffisamment de problèmes comme cela, il faut que vous veniez quand même ». Mon constat, c’est qu’un dialogue est nécessaire, sous une forme ou une autre.

Où en est le processus électoral ?

C’est le cœur du problème. L’UA m’avait déjà envoyé à Kinshasa en février 2015 pour une mission exploratoire. Un calendrier électoral venait d’être publié et déjà, certains le trouvaient trop chargé, avec un cycle de sept élections qui devait se terminer par la présidentielle et les législatives.

Depuis, la situation s’est aggravée. De nombreuses questions n’ont pas été résolues : faut-il revoir complètement le fichier électoral, qui date de Mathusalem, ou seulement partiellement ? Que fait-on des six à huit millions de jeunes Congolais qui ont atteint la majorité ? Et comment va-t-on financer ces scrutins ? Un an après ma précédente visite à Kinshasa, j’ai retrouvé tous ces problèmes entiers.

Evidemment, plus le temps passe, plus la tension est perceptible. Mais les hommes et femmes de bonne volonté doivent tout mettre en œuvre pour éviter que ce pays ne glisse une nouvelle fois dans la violence.

Le fameux « glissement » du calendrier électoral, que redoute l’opposition, peut-il encore être évité ?

Il faut interroger les experts électoraux. L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a dépêché le général Sangaré pour étudier le fichier électoral. On a recensé et éliminé des doublons. Nous aurions intérêt à faire venir de nouvelles missions de ce genre pour déterminer ce qui peut être fait dans les temps. Mieux vaut opérer ainsi que de procéder par des procès d’intention… D’ailleurs nous sommes suffisamment lucides pour voir si quelqu’un cherche à nous jouer un vilain tour.

Justement : le président Kabila vous a-t-il donné le sentiment de vouloir quitter le pouvoir dans les délais constitutionnels ?

Il m’a donné l’impression d’être très soucieux de régler les problèmes électoraux. Sans doute se demande-t-il aussi : « Que se passerait-il si on ne parvenait pas à accomplir nos tâches ? ». Mais il ne m’a pas fait d’autres confidences…

Que répondez-vous à ceux qui, dans l’opposition, estiment que vos consultations font perdre davantage de temps ?

Mais beaucoup de temps avait déjà été perdu avant mon intervention. Maintenant on essaie justement de mettre les bouchées doubles. Au contraire, ce sont les réticences à participer à un dialogue qui favorisent le statu quo et font perdre du temps.

Etienne Tshisekedi vous a écrit une lettre pour refuser le dialogue tel que souhaité par le président Kabila… Est-ce que cela le rend caduc ?

J’ai rencontré des délégations venues de son parti. Elles ne m’ont pas semblé radicalement opposées à toute idée de dialogue. Mais je leur promis d’aller voir Etienne Tshisekedi à Bruxelles. Je vais le faire dès la fin du Sommet de l’UA. Je prendrai très au sérieux ce qu’il me dira. Vous savez, la seule chose que je recherche, dans cette histoire, c’est l’intérêt du Congo et de l’Afrique. J’ai des amis dans l’opposition. C’est connu.

Certains ont vu dans cette facilitation un coup de pouce de la famille Zuma en faveur de Kabila, dont elle est réputée proche. Qu’en pensez-vous ?

J’ai entendu ça. Est-ce que quelqu’un qui assume des fonctions telles que celles de Madame Dlamini-Zuma peut être perméable à ce genre de choses ? Je crois qu’en tant que bonne Africaine, elle se pose des questions sur la stabilité d’un pays important, de surcroît membre de la SADC, sa propre région… Comment voulez-vous qu’elle ne soit pas préoccupée par la situation ? Je n’accorde aucune importance à ces spéculations. Il y a des problèmes réels aujourd’hui en RD Congo. C’est ce qu’il faut résoudre au lieu de se perdre dans des procès d’intention.

Source: Jeune Afrique

 

«Bruxelles : le dialogue suspendu à la rencontre Tshisekedi – Edem Kodjo»

Les quotidens titrent ce vendredi 22 janvier sur la rencontre entre Edem Kodjo et Etienne Tshisekedi et la qualification des léopards en quarts de finale du Chan.

Etienne Tshisekedi

Revue de presse du vendredi 22 janvier 2016
Les quotidens titrent ce vendredi 22 janvier sur la rencontre entre Edem Kodjo et Etienne Tshisekedi et la qualification des léopards en quarts de finale du Chan.
La Prospérité relève la rapidité avec laquelle Edem Kodjo a mené les consultations avec les acteurs et institutions de la RDC. En moins de trois jours, indique le journal il a rencontré, dans le cadre des Consultations pré-dialogue, le Président Joseph Kabila, le Président de l’Assemblée nationale, la direction de la CENI et d’autres acteurs politiques, à l’exception de la Dynamique et du G7, opposés à toute idée de dialoguer avec le pouvoir au sujet des élections.
Après Kinshasa, Edem Kodjo doit aller échanger avec Etienne Tshisekedi, président national de l’UDPS, à Bruxelles où il se refait la santé depuis plus d’une année. Au regard des similitudes dans la lutte politique de ces deux personnalités, une entente est possible, suppose le journal.
Selon le quotidien, A Kinshasa, les pro-dialogue sont suspendus aux conclusions des Consultations que mène le Facilitateur togolais à Bruxelles auprès d’Etienne Tshisekedi. La prospérité qui établit certaines similitudes entre les deux personnalités indique que les deux hommes  sont présents sur la scène politique en Afrique depuis plusieurs décennies. Depuis 2009, Edem Kodjo, à 71 ans, a mis fin à sa carrière politique. Par contre, Etienne Tshisekedi, 84 ans, un peu affaibli, poursuit son combat politique, rappelle le quotidien.
« Consultations pour le Dialogue : Kabila, Djinnit, Cenco, Ceni, Nonce Apostolique, Kodjo… c’est trop », titre Le Phare. Pour ce journal,  les Congolais attendent, depuis six mois, l’organisation du dialogue national devant redéfinir les contours du processus électoral présentement en panne.  Le journal constate qu’il y a six mois, tout portait à croire que le président de la République, Joseph Kabila, garderait l’exclusivité de la consultation des candidats et non-candidats à la participation à cette « Table ronde ». Mais aujourd’hui, force est de noter que le cercle des « consultants » s’est fortement élargi avec respectivement Saïd Djinnit (envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies dans les Grands Lacs), la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco), la Commission  électorale nationale indépendante (Ceni), le Nonce Apostolique et Edem Kodjo (représentant de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine), rappelle Le Phare.
Il y a lieu d’avouer que c’est trop pour un forum national qui aurait dû être placé sous le sceau de l’urgence. C’est à croire qu’il ne prendra jamais corps alors que tout le monde le juge incontournable pour la survie de l’Etat-Nation,  conclut le quotidien kinois.
L’Avenir croit savoir que la semaine du lundi 25 janvier est très décisive pour la République Démocratique du Congo pour plus d’un titre. En effet, révèle le journal, les 15 ambassadeurs des pays membres du conseil de sécurité des Nations Unies sont arrivés le jeudi 21 janvier 2016 dans la capitale Burundaise pour une visite de 48 heures. Étape qui amènera ces 15 diplomates internationaux à Addis-Abeba, capitale éthiopienne à la réunion consacrée exclusivement à la situation qui prévaut en République démocratique du Congo.
Le dialogue politique national inclusif, le processus électoral et le renouvèlement du mandat de la Monusco seront au menu de la rencontre entre les représentants du Conseil de sécurité des Nations Unies et ceux de l’Union Africaine, annonce le journal.
La République Démocratique du Congo attend de ces deux grandes organisations de réponses techniques à la situation de l’heure, d’autant plus que l’ONU et l’UA ont dépêché leurs envoyés spéciaux en Rd Congo qui ont échangé tant avec la Majorité au pouvoir, qu’avec l’opposition, conclut le journal.
La Prospérité rend hommages aux Léopards de la RDC qui se sont qualifiés sans donner des migraines aux supporters et titre : «  Chan Rwanda 2016 : Les Léopards en quart de finales sans calcul ». Ils n’ont pas attendu la troisième journée pour se qualifier avec calcul comme on l’a toujours prétendu dans les milieux sportifs. Les Léopards de la République Démocratique du Congo version Chan Rwanda 2016, se sont qualifiés dès la deuxième journée après leur écrasante victoire devant les Palancas Negras de l’Angola, jeudi, 21 janvier 2016, à Huye Stadium de Butare.
En attendant d’être fixé pour l’adversaire de quart de finale, dont les matchs se joueront le samedi, 30 janvier, à Amahoro, les Léopards affrontent les Lions Indomptables du Cameroun le lundi, 25 janvier, pour la troisième journée, annonce le journal.
Pour Forum des AS, au dernier match du groupe B, la RDC et le Cameroun vont se disputer la première place. La victoire des Congolais face aux Angolais permet aux Léopards de travailler déjà pour, les quarts de finale. Ils n’attendent que le troisième match pour engranger ne serait-ce qu’un nul et se placer en première position du groupe A. Une solution adéquate pour éviter le pays organisateur, le Rwanda, qui dispose déjà de six points dans son compteur, analyse le  journal.
L’agence Congolaise de presse(ACP) fait parler l’entraineur Florent Ibenge sur la technique mise en place pour contrer l’Angola.  «Il fallait un milieu récupérateur et deux latéraux pour empêcher les Angolais de monter dans les couloirs extérieurs», répond Florent Ibenge.
Pour  le technicien congolais dont les propos sont rapportés par l’AFP,  «l’équipe a faibli en deuxième mi-temps simplement parce que l’adversaire est monté plus haut et les Léopards avaient instinctivement reculés…. C’est un manquement, il faut qu’on apprenne à conserver le ballon. Ce sont des choses qu’on doit réparer», a promis le sélectionneur de la RDC.

Source: Radio Okapi

 

COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT DE LA DYNAMIQUE DE L’OPPOSITION ET LE G7 DU 18 JANVIER 2016

Les regroupements de l’opposition politique en République Démocratique du Congo, le G7 et la Dynamique de l’Opposition, ont pris connaissance du communiqué de Madame la Présidente de la Commission de l’Union Africaine (UA), daté du 14 janvier 2016, relatif au dialogue national convoqué par le Président Joseph Kabila.

opposition-congolaise1

1. Les regroupements de l’opposition politique en République Démocratique du Congo, le G7 et la Dynamique de l’Opposition, ont pris connaissance du communiqué de Madame la Présidente de la Commission de l’Union Africaine (UA), daté du 14 janvier 2016, relatif au dialogue national convoqué par le Président Joseph Kabila.

2. Le G7 et la Dynamique relèvent que ce communiqué ne correspond pas à la réalité de la situation politique actuelle en République Démocratique du Congo et ne reflète pas les aspirations démocratiques du Peuple congolais. Ce communiqué témoigne, en plus, que la Commission de l’UA est soit mal renseignée, soit insuffisamment informée de ce qui se passe en RDC.

3. La Dynamique de l’Opposition et le G7 rappellent à l’intention de la Communauté internationale, en général, et de l’UA, en particulier, que la crise artificielle actuelle en RD Congo a été délibérément créée par le Président Joseph Kabila et sa famille politique, la Majorité présidentielle, qui tiennent à demeurer au pouvoir contre la volonté du Peuple congolais et en violation de la Constitution de la République, pacte fondateur de la Troisième République et socle des valeurs républicaines et démocratiques sur lesquelles reposent la cohésion nationale, la paix civile et la stabilité institutionnelle en République Démocratique du Congo ;

4. Afin d’atteindre cet objectif de conservation du pouvoir par la force, le Président Kabila et ses partisans ont mis en œuvre une stratégie planifiée de :

· blocage du processus électoral ;

· restriction des libertés fondamentales ;

· violation organisée des droits de l’Homme ;

· répression de toute contestation, même pacifique, de leur politique de gestion du pays.

Cela est bien la preuve d’une gouvernance totalitaire qui s’installe dans le pays.

5. Le G7 et la Dynamique de l’Opposition déplorent que le communiqué de presse de Madame la Présidente de la Commission de l’UA ne fasse nullement allusion à la Constitution de la RDC et aux questions majeures soulevées ci-dessus, relatives à la démocratie, aux élections et à l’Etat de droit, pourtant érigées en valeurs absolues par les textes fondamentaux de l’Union Africaine, plus particulièrement par son Acte constitutif, la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples et par celle de la démocratie, des élections et de la gouvernance. De même, ils s’étonnent de ce que Madame la Présidente ignore totalement les résolutions pertinentes 2098 et 2211 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la RDC.

6. Pour la Dynamique de l’Opposition et pour le G7, la position de Madame la Présidente de la Commission exprimée dans ce communiqué n’est pas susceptible de faciliter le déblocage rapide du processus électoral et de consolider la démocratie en RDC. Au contraire, elle va exacerber la tension politique et éloigner davantage toute perspective d’organisation des élections, plus spécialement de la présidentielle et des législatives que les Congolais attendent dans le délai constitutionnel.

7. Plus grave, la position de Madame la Présidente de la Commission de l’UA apparaît comme une caution inacceptable apportée à la tentative du Président Kabila et de sa Majorité, de remettre en cause l’ordre politique et institutionnel démocratique convenu par toutes les forces vives de la Nation congolaise au Dialogue inter congolais à Sun City, en Afrique du Sud, sous l’accompagnement conjoint de l’Organisation des Nations Unies (O.N.U), et de l’Union africaine (UA), en 2002 ;

8. Le G7 et la Dynamique de l’Opposition soulignent qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas de crise institutionnelle ou constitutionnelle en République Démocratique du Congo qui puisse justifier la tenue d’un forum national après celui de Sun City qui a permis :

· la conclusion d’un compromis historique consacré par la Constitution du 18 février 2006 adoptée par 85% du Peuple congolais ;

· le rétablissement de la paix en RDC et le recouvrement de son intégrité territoriale ;

9. La Dynamique et le G7 rappellent et réaffirment que la crise actuelle est artificielle. Elle est, en effet, l’expression de la volonté du Président Kabila de tuer la démocratie en RD Congo en se façonnant un nouvel ordre politique et une nouvelle Constitution qui lui garantissent une présidence à vie, ce que les Congolais, déjà meurtris par trente-deux ans de dictature, ne peuvent accepter ni tolérer.

10. Pour le G7 et pour la Dynamique, toute solution à l’impasse actuelle, intentionnellement créée, passe impérativement par :

· le respect de la Constitution de la République ;

· l’alternance démocratique conformément à la Constitution ;

· l’organisation d’élections libres, pluralistes, transparentes et crédibles, dans le délai constitutionnel.

11. De tout ce qui précède, le G7 et la Dynamique de l’Opposition réitèrent leur rejet catégorique du dialogue convoqué par le Président Joseph Kabila, car inopportun et sans objet. Par conséquent, ils ne peuvent souscrire à la facilitation initiée par Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine dans le cadre dudit dialogue.

12. Enfin, la Dynamique de l’Opposition et le G7 lancent un appel pressant à la Communauté internationale et à l’Union africaine en particulier, qui, par ailleurs, se sont tant investies pour que la RD Congo revienne à la vie d’un Etat normal, de tout mettre en œuvre afin que le Président Kabila, garant de la Constitution, la respecte et libère la démocratie ainsi que le processus électoral, gages de l’unité nationale, de la paix, de la stabilité et du développement durables en République Démocratique du Congo.

13 La crédibilité et l’image de l’Union Africaine en dépendent.

Fait à Kinshasa, le 18 janvier 2016

Pour le G7 Pour la Dynamique Le Président Le Moderateur
en exercice en exercice
Charles Mwando Jean Lucien Bussa Tongba