“Ligue des Jeunes du PPRD”, les Imbonerakure/version RD-Congo se mettent en place sous nos yeux.

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A mesure qu’approche l’échéance du 19 décembre 2016 à laquelle le président Joseph Kabila doit impérativement quitter le pouvoir (il ne reste plus que 11 mois !), le décor du chaos qui se prépare se précise chaque jour davantage. Plutôt que de s’atteler à organiser les élections que notre Peuple attend de tous ses voeux, Joseph Kabila et ses proches multiplient des actes qui démontrent sans aucun doute leur volonté de se maintenir au pouvoir, quitte à (re)mettre le pays à feu et à sang.

A Kinshasa, le PPRD a entrepris depuis plusieurs semaines maintenant de recruter, entraîner et équiper des bandes de jeunes avec l’objectif explicite de les utiliser dans des violences contre d’éventuels soulèvements de la population contre le “glissement” ou le 3èmemandat de Joseph Kabila. Kinshasa semble faire office de “projet pilote” de ce plan, conçu et mis en oeuvre par le Secrétariat Général du PPRD (en particulier le SGA du PPRD Ramazani Shadari) avec la bénédiction, voire la collaboration du Ministre de l’Intérieur Evariste Boshab, des services de renseignements dirigés par Kalev Mutond et d’autres “services de sécurité” tels que la police et l’armée.

Les Kinois les connaissent sous plusieurs noms : “Sportifs”, “Pomba”, “Kuluna”, … Le chef de l’ensemble de ces gangs pour la ville de Kinshasa est un certain “Maître” Mushi Ndibu, communément appelé “Chaleur”. Cet ancien champion de judo avait déjà fait parler de lui lors de la campagne électorale de 2011, où sous les ordres du PPRD il avait dirigé des campagnes d’attaques et d’intimidation contre tous ceux que le PPRD considérait comme ses opposants, allant jusqu’à déployer ses hommes comme observateurs dans des bureaux de vote, comme vous pouvez le voir dans cette vidéo d’archive de France 24 : https://www.youtube.com/watch?v=xBZGPoAc0XI. Sauf que cette fois l’enjeu est de loin plus important : il ne s’agit pas d’une simple compétition électorale, il s’agit d’essayer un passage en force contre la constitution de la République qui ne reconnaît plus au président Joseph Kabila le droit de se représenter pour un 3è mandat ou de diriger le pays au-delà du 19 décembre 2016. Partant, le niveau et l’étendue de la violence à laquelle cette milice est entrain d’être préparée ne peut pas avoir de commune mesure avec celle qu’on a vue en 2011.

Sous couvert de la Ligue des jeunes du PPRD, ces bandes à Joseph Kabila se comportent comme dans un pays sans lois, agressant et terrorisant les habitants de Kinshasa en toute impunité. Voyant la pression monter de partout dans le pays (société civile, mouvements citoyens comme la LUCHA, partis d’opposition, CENCO), et même de la “communauté internationale” pour l’effectivité de l’alternance au sommet de l’Etat dans les délais constitutionnels, le Secrétaire Général du PPRD Henri Mova Sakani et son adjoint Ramazani Shadari ont donc lancé ce qu’ils appellent le “phénomène PPRD vimba !” en réactivant “Chaleur” et sa bande.

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Sous couvert de la ligue des jeunes du PPRD, et sous prétexte de s’adonner à des activités sportives régulières à travers les rues et les quartiers de Kinshasa (d’où le nom “Sportifs”), ces voyous de toutes trempes et de tous calibres, habillés aux couleurs jaune-bleu-et-rouge du PPRD font des démonstrations de force en scandant des slogans de nature à intimider quiconque oserait s’opposer au maintien au pouvoir de Joseph Kabila. D’après nos informations, les leaders de cette bande qui compte à ce jour déjà pas moins de 2000 membres suivent même des formations para-militaires dans des camps militaires de la capitale. Certains comme “Chaleur” et ses adjoints auraient même reçu des armes “pour leur protection personnelle”. En réalité, il s’agit ni plus ni moins d’une véritable milice que Joseph Kabila et son PPRD préparent contre les paisibles citoyens, parce qu’ils misent sur la seule violence contre tout soulèvement des citoyens pour se maintenir au pouvoir en violation de la constitution. Le dernier essai grandeur-nature de la capacité de nuisance de cette milice du PPRD a eu lieu on s’en souvient le 15 septembre 2015 lors d’un rassemblement de l’opposition, faisant des morts (y compris, hélas, parmi les “sportifs” de Mova), des blessés et des dégâts matériels inutiles.

Ce n’est pas par hasard si cette situation ressemble à tous points de vue à ce qui se passe au Burundi depuis l’année dernière. Là bas aussi le président Pierre Nkurunziza, se sachant sans argument juridique ou politique pour se maintenir au pouvoir, a préparé, entraîné et équipé depuis longtemps une milice dénommée “Imbonerakure” afin de contrecarrer violemment les manifestations pacifiques de la population. Là bas aussi, ces bandes de jeunes se comptant par dizaines de milliers se font passer pour des “jeunes du parti CNDD-FDD”, parti au pouvoir. Là-bas aussi ceux qui ont dénoncé la préparation et les abus commis par cette milice avant même le début du soulèvement populaire n’ont pas été entendus, ni par l’opinion dans la sous-région, ni par la communauté internationale, jusqu’à ce que la situation déborde et devienne la quasi guerre civile à laquelle on assiste aujourd’hui.

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Par ce message, notre mouvement citoyen souhaite :
1. Signifier au président Joseph Kabila, aux responsables de son parti et de sa “Majorité” (en particulier Messieurs Mova Sakani, Ramazani Shadari, Kalev Mutond, Evariste Boshab, …), ainsi que de tous ceux qui impliqués dans la mise en place de cette milice en pleine capitale que leur plan et toutes leurs activités sont connues et ne seront pas sans conséquences. L’histoire récente de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso devrait leur servir de leçon…

2. Alerter l’opinion publique nationale sur ce qui est entrain de se préparer contre notre Peuple, pour violer sa volonté et sa souveraineté, et l’exhorter à y trouver une raison de plus pour redoubler de détermination afin d’imposer le respect de notre constitution. Nulle violence illégitime ne peut vaincre la Raison et la détermination d’un Peuple brave comme le Peuple congolais !

3. Exhorter la “communauté internationale”, y compris l’ONU, l’Union africaine, et tous les autres hommes de bonne volonté à prendre cette information au sérieux et à dissuader Joseph Kabila et ses proches de continuer dans la voix de la violence et du chaos où ils semblent déterminés à plonger le pays à cause de leurs intérêts égoïstes. Il vaut mieux prévenir que guérir, et la situation au Burundi doit là encore servir de leçon. Si nécessaire, qu’une enquête approfondie soit rapidement menée sur ces informations, dont la gravité est évidente. En tout cas, personne ne dira qu’on n’a rien vu venir…

A la veille de la commémoration du soulèvement populaire historique du 19 au 23 janvier 2015, où la même violence d’Etat a causé la mort d’une centaine de nos compatriotes et d’innombrables dégâts, nous émettons le voeu que Joseph Kabila et tous ceux qui soutiennent la violation de la constitution entendent la voix de la raison et renoncent à leurs plans. Nous pouvons encore sauver la démocratie dans ce pays et nous épargner de nouveaux martyrs, de nouveaux morts. Pour cela, il faut tout simplement accepter d’organiser des élections correctes dans les délais constitutionnels. Bientôt ça risque d’être trop tard, et malgré tout nous ne permettrons pas à quiconque de rester au pouvoir un seul jour de plus sous prétexte que les élections qu’il avait le pouvoir et l’obligation d’organiser lui-même ne se sont pas tenues. Que cela soit clair !

Le Congo c’est sa NOUS, c’est maintenant !

Légende photos : Photo 1: Mushi Ndibu alias “Chaleur”, le chef de la milice du PPRD à Kinshasa (capture d’écran dans une vidéo de Voice of The Congo). Photo 2 : Des Imbonerakure, membres du parti au pouvoir au Burundi. Photo 3 : Ramazani Shadari, Secrétaire Général adjoint du PPRD, lors d’une récente “marche de santé” de la milice du PPRD qu’il dirige, dans la commune de Maluku à Kinshasa.

Source: Lucha RDCongo Facebook

 

Marche du 16 février : les évêques cèdent aux pressions

dessin le potentiel cenco annule sa marche

Quels types de pressions ont eu raison de la détermination des évêques au point de « surseoir » à la marche des chrétiens programmée le 16 février 2016 ? Pour les uns, les princes de l’Eglise se réservent d’offrir à l’Opposition une opportunité de tirer des dividendes politiques ; pour d’autres les évêques se sont pliés aux menaces du président Kabila et sa majorité ; mais pour les évêques, il s’agit simplement d’éviter toute récupération politicienne, sur recommandation du Vatican, poussé par le nonce apostolique. La marche pour lancer l’année jubilaire ne sera plus une affaire de la Conférence épiscopale nationale du Congo.

Le Potentiel

Les évêques ne tiennent pas à offrir sur un plateau d’argent, la récupération politicienne de leur initiative d’une marche le 16 février 2016. Ils ont décidé de ne plus mettre les chrétiens dans la rue. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) s’est pliée, sous la pression du Vatican, à l’exigence de se concentrer exclusivement à la prière. Mais, il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’un marchandage qui aurait abouti à cette mesure contre le respect des prescrits de la Constitution par le président Kabila. L’omerta imposée sur le tête-à-tête qu’ils avaient eu avec le chef de l’Etat lors des consultations qu’ils avaient initiées est révélatrice. Ce rétropédalage n’est pas gratuit. La Cenco vient donc de commuer la marche de lancement de l’année jubilaire de la commémoration du massacre des chrétiens en 1992 qui exigeaient la réouverture de la Conférence nationale souveraine fermée par le dictateur Mobutu, à des prières œcuméniques.

L’approche de la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila conformément à la Constitution du 18 février 2006 ainsi que les velléités voire des tentatives de modification de la loi fondamentale avaient donné lieu à l’évocation de l’article 64 par les évêques pour faire échec à tout projet qui irait dans ce sens. Aussitôt, cet appel citoyen a provoqué une levée de boucliers du côté des animateurs des institutions et de la Majorité présidentielle.

Les pressions de la MP

A la MP, les évêques étaient traités de tous les noms d’oiseaux. En des termes durs, les communicants de la MP et des officiels ont invité la Cenco à se consacrer exclusivement à la prière et de laisser les laïcs faire la politique. Certains sont allés loin dans les allusions indiquant que les évêques avaient été payés pour lancer cet appel. Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, lui avait « redouté une collusion » avec l’Opposition et des puissances étrangères. L’appel citoyen était considéré comme un soutien à l’Opposition. Comme pour démontrer qu’en haut lieu cette prise de position de la Cenco était mal prise, le procureur général de la République est sorti de sa réserve, mettant en garde quiconque, quelle que soit sa qualité, inviterait la population à descendre dans la rue, sur pied de la première partie de l’article 64 de la Constitution du 18 février 2016. Sans se faire prier, la Cenco a réagi vigoureusement estimant que ses membres ne pouvaient être considérés comme des agitateurs mais des Pasteurs qui ont à cœur le pays et le bon fonctionnement de la Constitution congolaise. Et à l’article 64, la loi fondamentale dispose : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe de personnes qui exercerait le pouvoir par la force ou qui l’exercerait en violation des dispositions de la Constitution ». Dans un élan de bras de fer, la Cenco a écrit : « L’interprétation qui est donnée de l’article 64 met le citoyen face à ses responsabilités», ajoutant qu’aucun évêque ne nourrissait l’intention de renverser le régime en place. Tout ce que les évêques demandent est le respect de la Constitution et des délais constitutionnels prévus par la Constitution. Cette position est réitérée dans le communiqué de Mgr Nicolas Djomo à l’issue des consultations conduites auprès des acteurs politiques pour un processus électoral apaisé.

Quand le Vatican s’en mêle

Selon un évêque, la pression du Vatican se serait ajoutée à celle de la Majorité, à côté des messages de soutien de l’Opposition qui a donné l’illusion d’une synergie. Samedi, le Front citoyen 2016, rassemblement antikabiliste nouvellement mis en place à l’île de Gorée (Sénégal), a annoncé qu’il comptait participer “activement” à l’appel de la Cenco à marcher le 16 février. Une preuve supplémentaire de cette récupération alors que la Majorité a programmé une contremarche dénommée « Marche pour la paix » le même jour. Pour une autre source bien introduite au Centre interdiocésain, le nonce apostolique en place à Kinshasa aurait joué un rôle déterminant dans la position du Vatican. Il aurait, en effet, considéré que « la récupération politicienne » de la marche du 16 février 2016 était évidente. « Cette initiative a suscité des attentes contrastées et démesurées chez nos compatriotes”, écrit le président de la Cenco, Mgr Nicolas Djomo dans une lettre adressée à tous les évêques du pays.
“Les uns y ont vu une action citoyenne aux fins politiques, d’autres ont envisagé une contremarche à la même date” et “le Saint-Siège nous a fermement recommandé de suspendre les initiatives qui peuvent être manipulées pour des fins politiques”, lit-on dans cette lettre datée du 5 janvier, dont l’AFP a obtenu une copie. Une source confirme l’existence de cette correspondance, ajoutant que le « Vatican n’avait pas laissé d’autres choix aux évêques que de se plier », affirmant que « l’émissaire des institutions dépêché à Rome avait frappé aux bonnes portes et avaient tenu un discours corroboré par le rapport de la nonciature apostolique ». L’AFP, qui cite la correspondance de Mgr Djomo écrit : « Conscient du risque de récupération de notre initiative et d’affrontements éventuels entre les manifestants, il nous a semblé judicieux de surseoir à cette marche », ajoute Mgr Djomo, qui appelle ses pairs à transmettre cette information dans leurs diocèses respectifs. Mais une question demeure, qu’en est-il de la sensibilisation qui avait déjà commencé dans certaines paroisses ? Va-t-elle s’arrêter subitement ?

Un compromis ?

Est-ce que les évêques ont plié sans obtenir des garanties que leurs exigences, notamment en matière de respect de la Constitution seront respectées ? Pour une source diplomatique « le président Kabila et les évêques ont trouvé un compromis lors de leur dernier entretien ». D’ailleurs, ce tête-à-tête s’est déroulé loin des caméras. Personne n’avait confirmé sa tenue jusqu’au communiqué de Mgr Djomo. A la Cenco « motus et bouche cousue » est de rigueur, mais dans les couloirs, il se dit que le respect de la Constitution après le dialogue et une brève transition est « un compromis acceptable qui fait aussi l’économie de sang ». Reste que pour certains évêques qui n’ont pas bien digéré cette volte-face, « ne font pas confiance » à la parole qui leur avait été donnée à GLM. En cédant aux pressions combinées du Vatican et de la Majorité présidentielle, les évêques mettent les Opposants face à leur responsabilité de s’assumer en cas d’éventuelle organisation des manifestations plutôt que de se greffer sur une initiative de l’Eglise. Il appartient au président Joseph Kabila et à sa Majorité de démontrer que « l’intérêt supérieur du pays passe avant le leur ».

http://lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=13872:marche-du-16-fevrier-les-eveques-cedent-aux-pressions&catid=85:a-la-une&Itemid=472

 

La CENI désormais inscrite dans le schéma du glissement

le schema du glissement de la CENI

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’est lancée dans un travail méthodique de pédagogie pour préparer les esprits au glissement. C’est par les confessions religieuses que le président de la CENI, Corneille Nangaa, a inauguré la série de consultations qu’il se propose d’étendre à d’autres parties prenantes au processus électoral. Si la CENI ne le dit pas encore tout haut, elle est pleinement engagée dans le schéma du glissement. Car, techniquement, des élections en 2016 relèvent presque de l’utopie. Il faut s’attendre à des jours très agités.

 

Quel est donc ce calendrier électoral réaménagé qui s’élabore dans le plus grand secret à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ? Dans l’opinion, il y a eu des commentaires diffus.

Certains ont cherché à prendre d’assaut la forteresse de la centrale électorale pour comprendre ce qui se tramait dans ses coulisses. Ils ont vite été édifiés. Car, c’est le président de la CENI, lui-même, en l’occurrence, Corneille Nangaa, qui s’est chargé d’éclaircir l’énigme. C’est le sens de la série de consultations qu’il a démarrées par les confessions religieuses en RDC. De fil en aiguille, des observateurs ont compris les vraies intentions de la CENI.

A la recherche d’un bouc-émissaire

En réalité, la CENI ne voudrait pas porter à elle seule la dérive du processus électoral. Aussi s’est-elle lancée dans une vaste campagne de pédagogie pour d’un côté, présenter ses difficultés, et de l’autre, confirmer le fait accompli d’un glissement du cycle électoral qui devient de plus en plus inévitable. En conditionnant la publication d’un calendrier électoral réaménagé à un consensus entre les forces politiques, la CENI est consciente d’avoir piégé à l’avance le processus en cours. Connaissant bien les milieux politiques de la RDC, la CENI sait pertinemment bien qu’aucun compromis ne pourrait sortir dans les tout prochains mois. L’enlisement du dialogue en dit déjà quelque chose.

Il ne faut pas oublier que c’est depuis des mois que le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, a lancé le projet d’un dialogue politique en vue, selon lui, de baliser la voie à un processus électoral véritablement libre et apaisé. Projeté courant 2015, ce dialogue n’a pas pu être convoqué ; la classe politique et d’autres forces de la nation s’étant plongées dans des conditionnalités sans fin. Si bien qu’à ce jour, aucune unanimité ne s’est encore clairement dégagée autour de ce forum national.

Voilà le moment que la CENI choisit pour poser des préalables à la publication d’un éventuel calendrier électoral. Dépassé par le poids de la charge, Corneille Nangaa n’a trouvé mieux que de se réfugier derrière un éventuel compromis politique pour dissimuler son incapacité à relancer le processus par la publication d’un calendrier électoral global.

Son argumentaire n’a rien de solide. C’est du béton mais non armé. Par quel miracle la CEI a été en mesure de proposer en 2006 un calendrier électoral? Par quelle magie, la CENI de Ngoyi Mulunda- malgré son piteux bilan – est parvenu à une programmation des élections en 2011 ? Plus près de nous, Malumalu a rendu public le 12 février 2015 un calendrier électoral, quand bien même il n’aurait pas eu le temps de produire ses effets.

A ces trois rendez-vous, la CENI ne s’était jamais référée à un quelconque compromis entre parties prenantes. Alors, pourquoi en devait-il être le cas sous Corneille Nangaa ? La question vaut son pesant d’or. Y répondre, c’est déjà comprendre le schéma de compromission dans lequel s’est inscrit l’homme par lequel le glissement va être obtenu.

Comme dans une pièce de théâtre où des rôles ont été préalablement distribués, Corneille Nangaa joue parfaitement le sien. Il est convaincu que son institution ne sera pas en mesure de publier un calendrier électoral pour la tenue d’un quelconque scrutin en 2016. Mais, il se propose de jouer à merveille sa partition et s’imagine que l’opinion est dupe. Mon œil ! Comme la Majorité qui l’a placé à ce poste, Corneille Nangaa joue aux manœuvres dilatoires, rassuré que le temps serait de leur côté. Son jeu consiste à faire pourrir la situation pour, enfin, mettre l’opinion devant un fait accompli : le glissement.

La grande inconnue

Dans le schéma suicidaire qui se concocte entre la Majorité et la CENI, il y a une inconnue que tous ne semblent pas intégrer dans leur calcul. C’est le peuple. En janvier 2015, le peuple congolais a démontré qu’il était le seul détenteur du pouvoir qu’il a convenu de déléguer depuis l’Accord global et inclusif de Sun City (Afrique du Sud) à quiconque sollicite son avis par la voie des urnes. De ce point de vue, le peuple n’est pas prêt à se faire voler ce précieux acquis. Il tient à s’exprimer au moyen des élections en cette année reconnue par tous comme éminemment électorale 2016. Ni la Majorité, encore moins la CENI, ne saurait lui arracher ce droit, somme toute légal et légitime. S’y dérober ce serait s’inscrire dans le schéma du saut périlleux.

C’est justement ce schéma que le président de la CENI est allé présenter aux confessions religieuses. En a-t-il mesuré les conséquences désastreuses pour le pays ? Pire, il met une croix sur la démocratie, reléguant la gestion du pays à une affaire de conciliabule entre les forces politiques et sociales. C’est un schéma qui ramène la RDC aux années de crise d’avant l’accord de Sun City.

Que gagnerait la RDC en empruntant cette voie ? N’est-ce pas ouvrir grandement la voie à ceux qui ont toujours rêvé de créer le chaos en RDC en vue de sa balkanisation ? L’on ne devrait pas s’y méprendre !

Le Potentiel

http://lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=13864:la-ceni-desormais-inscrite-dans-le-schema-du-glissement&catid=85:a-la-une&Itemid=472

 

«La Cenco annule la marche programmée le 16 février 2016»

nicolas djomo et autre cenco

Revue de presse du jeudi 14 janvier 2015

Les quotidiens kinois exploitent ce matin les nouvelles de l’annulation, par la Cenco, des marches pacifiques projetées en février, la rencontre entre Kabila et Gizenga et la présentation du rapport de Ban Ki-moon devant le conseil de sécurité sur la RDC.

L’Avenir annonce que l’Eglise catholique a décidé d’annuler les marches qu’elle comptait organiser le 16 février 2016 en République démocratique du Congo (RDC) en mémoire de chrétiens tués en 1992 à Kinshasa. Cette décision a été prise par crainte de « récupération » politique dans un climat préélectoral tendu, indique le journal.

«Conscient du risque de récupération de notre initiative et d’affrontements éventuels entre les manifestants, il nous a semblé judicieux de surseoir à cette marche», explique Mgr Nicolas Djomo, président de la conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco) qui appelle ses pairs à transmettre cette information dans leurs diocèses respectifs.

« Cette initiative a suscité des attentes contrastées et démesurées chez nos compatriotes. Les uns y ont vu une action citoyenne aux fins politiques, d’autres ont envisagé une contremarche à la même date  et le Saint-Siège nous a fermement recommandé de suspendre les initiatives qui peuvent être manipulées pour des fins politiques », écrit le président de la Cenco, Mgr Nicolas Djomo dans une lettre adressée à tous les évêques du pays.

Joseph Kabila et Antoine Gizenga, secrétaire général du parti Lumumbiste unifié (Palu) se sont rencontrés mercredi 13 janvier. Les journaux commentent aussi cette actualité. «Les dessous de la visite hier du ‘Rais’ chez le patriarche des Lumumbistes. 2016 : Kabila-Gizenga main dans la main», titreForum des As.

Selon le quotidien, le Président de la République était allé s’enquérir de l’état de santé d’Antoine Gizenga et examiner l’avenir du pays maintenant que les échéances électorales pointent à l’horizon. Les deux personnalités ont aussi examiné la situation politique, économique et sociale du pays ainsi que la nouvelle configuration des alliances au sein de la Majorité présidentielle dont le président de la république est l’autorité morale. Une rencontre qui fait dire au Forum des As qu’en 2016, Kabila et Gizenga seront ensemble, marchant la main dans la main. Avec recul, Antoine Gizenga et le Palu restent le meilleur allié pour le Président Joseph Kabila pour les enjeux futurs, commente d’ailleurs Forum des As.

La Prospérité qui illustre cette actualité avec une photo de 2006 de Joseph Kabila et Antoine Gizenga en conversation, titre : «Joseph Kabila aperçu chez Gizenga à Mont fleuri.»Pour le journal, à la veille des journées du 16 et du 17 janvier, dédiées aux héros nationaux, Mzee Laurent-Désiré Kabila et Patrice Emery Lumumba, le Président de la République est allé allumer la flamme nationaliste-lumumbiste dont il a besoin pour affronter les défis politiques qui jalonnent l’année 2016 et évoquer le déroulement du dialogue politique.

A propos du dialogue, le même canard titre: «RDC : Ban Ki-Moon s’en remet au Conseil de Sécurité.» Pour La Prospérité, c’est en mars 2016 que le Conseil de Sécurité de l’ONU va se prononcer sur les conclusions et recommandations formulées par le Secrétaire général, Ban Ki-Moon, dans son rapport sur la situation générale en RDC.

Dans le chapitre du dialogue, rapporte le quotidien, l’ONU prendra des mesures pour favoriser un dialogue national ouvert à tous et respectueux de la Constitution, des libertés et droits politiques fondamentaux. S’agissant des élections, le Secrétaire général de l’ONU est pour un consensus sur un calendrier électoral réaliste, assorti de délais pour la mise à jour des  listes électorales considérées comme crédibles par toutes les parties prenantes, rappelle le journal.

L’Avenir estime que dans son rapport au conseil de sécurité, Ban Ki-moon mobilise pour le dialogue. Le secrétaire général des Nations unies encourage le Président Joseph Kabila et son gouvernement à multiplier les contacts avec les parties prenantes, toutes formations politiques confondues, et à engager un dialogue national visant à instaurer un consensus sur le processus électoral en cours, rapporte le journal.

«Je demande au Gouvernement de faire en sorte que le dialogue soit ouvert à tous et que les parties prenantes ayant des positions divergentes puissent débattre des thèmes qui divisent dans un climat d’ouverture et de respect mutuel», conseille Ban Ki-moon dont les propos sont repris par L’avenir.

Source: Radio Okapi

http://www.radiookapi.net/2016/01/14/actualite/revue-de-presse/lavenir-la-cenco-annule-la-marche-programmee-le-16-fevrier-2016

Regards sur l’actualité du 13 Janvier 2016

Beni: nouvel appel de la société civile pour des opérations conjointes FARDC-Monusco contre les ADF

La société civile de Beni au Nord-Kivu a lancé lundi 11 janvier un nouvel appel au gouvernement congolais lui demandant de lancer des opérations conjointes FARDC-Monusco contre les rebelles ougandais des ADF. Dans une déclaration faite à Beni, cette structure citoyenne dit avoir constaté la recrudescence des attaques de ces présumés ADF contre les civils «en utilisant les armes de haute portée.»

http://www.radiookapi.net/2016/01/13/actualite/securite/beni-nouvel-appel-de-la-societe-civile-pour-des-operations-conjointes

RDC: 7,5 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire en 2016

Le plan de réponse humanitaire 2016 publié le 6 janvier dernier par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha) révèle que 7,5 millions de personnes (9% de la population du pays) auront besoin d’assistance humanitaire et de protection cette année. Avant cette année, ils étaient 7 millions à avoir besoin de cette assistance. Ocha indique que plusieurs décennies « de chocs successifs » ont intensifié les besoins humanitaires et la vulnérabilité en RDC.

http://www.radiookapi.net/2016/01/12/actualite/societe/rdc-75-millions-de-personnes-ont-besoin-dassistance-humanitaire-en-2016

Beni: un hélicoptère de la Monusco attaqué par des présumés ADF

Un hélicoptère de la Monusco  a  été endommagé lundi 11 janvier aux environs de midi, après avoir été touché par plusieurs tirs d’armes  sans causer des blessés ou de perte en vies humaines. L’appareil a été attaqué par les présumés rebelles ougandais des ADF entre les localités de Madina et Eringeti en territoire de Beni (Nord-Kivu), selon les sources de la Monusco à Beni.

http://www.radiookapi.net/2016/01/11/actualite/securite/beni-un-helicoptere-de-la-monusco-attaque-par-des-presumes-adf

Burundi: un mémo confidentiel de l’ONU envisage le scénario du pire

Une mission du Conseil de sécurité des Nations unies se rendra au Burundi du 20 au 22 janvier. Cette décision intervient alors que la situation se dégrade dans le pays, avec une hausse des assassinats et des disparitions et alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a reçu, le 6 janvier dernier, un mémo écrit par le chef des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous. Il fait le point sur la situation politique, économique et sociétale très fragile du Burundi, et évoque trois scenarii possibles, des violences de basse intensité au génocide. Si ce dernier scénario devait se produire, les Nations unies ne sont absolument pas préparées à agir, écrit-il.

http://www.rfi.fr/afrique/20160112-burundi-craintes-onu-ladsous-memo-scenarii-genocide-casques-bleus

 

RDC: les écoles ont ouvert au Sud-Kivu mais la situation reste bloquée

Les syndicats de parents d’élèves restent fermes : les parents ne paieront plus les primes des enseignants du Sud-Kivu. Roger Mataboro est le secrétaire provincial d’un syndicat d’enseignants, il estime que cette décision pose une question pragmatique sur la poursuite des cours: « La première question est de savoir si ces enseignants qui ne sont pas payés peuvent continuer à travailler jusqu’à ce que l’Etat les prenne en charge. »

http://www.rfi.fr/afrique/20160112-rdc-ecoles-ont-ouvert-sud-kivu-mais-situation-reste-bloquee

Centrafrique – Présidentielle : Anicet-Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra pour le duel du second tour

A l’issue du premier tour de la présidentielle centrafricaine du 30 décembre 2015, l’Autorité nationale des élections (ANE) a dévoilé le 7 janvier les deux candidats admis au second tour du 31 janvier 2016. Il s’agit des anciens Premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra.

http://www.lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=13861:centrafrique-presidentielle-anicet-georges-dologuele-et-faustin-archange-touadera-pour-le-duel-du-second-tour&catid=90:online-depeches

 Bataille pour l’alternance en 2016 : Kamerhe appelle à un grand rassemblement

Dans son adresse, le président de l’UNC a appelé à un grand rassemblement de toutes les forces politiques et sociales pour permettre à la population congolaise de relever les défis qui se dressent sur le chemin de la démocratie et du changement.

http://www.lephareonline.net/bataille-pour-lalternance-en-2016-kamerhe-appelle-a-un-grand-rassemblement/

Dialogue, la Majorité de plus en plus diplomate

S’il faut scruter de près les déclarations du représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en RD-Congo lorsqu’il a rencontré le président de la centrale électorale demandant au pouvoir organisateur des élections de se pencher sur la révision électorale, il se dégage que Kinshasa commence à perdre le contrôle de la convocation et la tenue de ce dialogue.

http://www.rdc-news.com/#!Dialogue-la-Majorit%C3%A9-de-plus-en-plus-diplomate/cjds/569501570cf21038318d2328

Une sélection de M.E. Mavungu