RDC: La VSV soutient la Feuille de route citoyenne pour la RDC

VSV,
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Après une analyse minutieuse et en profondeur de la situation socio-politique que traverse la République Démocratique du Congo y compris après l’organisation d’un dialogue politique national non inclusif qui s’est terminé, mardi 18 octobre 2016, par la signature d’un Accord politique pour l’organisation d’élections apaisées, crédibles et transparentes, la VSV est vivement préoccupée par la détérioration du climat politique susceptible de déboucher sur un chaos généralisé qui se profile à l’horizon suite à la volonté politique des autorités congolaises et particulièrement le Président de la République d’imposer leur volonté à plus de 70 000 000 des Congolaises et Congolais en privant ces derniers de l’alternance démocratique tant attendue dans le délai constitutionnel. L’Accord signé à l’issue du dialogue organisé à la Cité de l’Union Africaine n’apportera aucune solution à la crise congolaise mais plutôt va l’aggraver en violant la Constitution de la RDCongo avec entre autres la formation éventuelle et anticonstitutionnelle d’un gouvernement d’union nationale dirigé par un Premier ministre issu de l’opposition politique signataire de l’Accord sus évoqué.

La VSV note que cette disposition renferme plus de germes de conflits et pourra permettre au Président de la République de changer de Premier Ministre à tout moment comme sous la deuxième république en miroitant ce poste aux opposants politiques, les uns après les autres en vue de les réduire au silence. L’opposition politique doit donc ouvrir l’œil et le bon et se ressaisir au risque d’être désillusionnée avant d’être vomie par la population congolaise.

Ledit Accord s’avère plus un instrument de fragilisation de la démocratie, de l’Etat de droit et loin de favoriser la paix en RDCongo.

En outre, l’absence, dans l’Accord politique de l’Union Africaine, d’une date précise pour l’élection présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales ainsi que l’absence d’un plan concret et sérieux de mobilisation et de décaissement des fonds en faveur de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ne rassure pas l’opinion publique quant au respect du calendrier électorale repris au chapitre III de l’Accord Politique pour l’organisation d’élections apaisées crédibles et transparentes.

Face à cet état de chose, la VSV croit que la Feuille de Route citoyenne pour la République Démocratique du Congo rendue publique, jeudi 20 octobre 2016, par les principaux mouvements citoyens et organisations de la Société Civile de la RDCongo constitue bel et bien l’alternative la plus juridiquement défendable et la plus politiquement acceptable de sortie de crise en RDCongo.

Par conséquent, la VSV apporte son soutien à la Feuille de route précitée, ceci équivalant donc à une signature officielle car elle est convaincue, comme le souligne la Feuille de Route Citoyenne que « personne ne va sauver tout seul la RDCongo du gouffre dans lequel l’ont plongé la classe politique et un pouvoir judiciaire incapable d’assumer, sans complaisance son noble rôle d’arbitre juste, impartial et de gardien de l’Etat de droit.

En définitive, la VSV joint sa voix aux mouvements citoyens et organisations de la Société Civile congolaise en demandant au Président de la République de démissionner de ses fonctions le 19 décembre 2016 à l’issue de son deuxième et dernier mandat en vue de respecter la Constitution de la RDCongo.

Fait à Kinshasa, le 31 octobre 2016

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

Pour un dialogue national qui respecte la Constitution de la RDCongo et l’alternance politique démocratique en 2016

VSV

La Voix des Sans Voix pour les Droits l’Homme (VSV) salue la désignation, par la Commission de l’Union Africaine, en qualité de facilitateur du dialogue national politique en République Démocratique du Congo, de monsieur Edem Kodjo, ancien Secrétaire Général de l’Organisation de l’Unité Africaine (actuelle Union Africaine) et ancien Premier Ministre du Togo.

La VSV espère que les consultations pré-dialogue qu’entamera le facilitateur permettront de rapprocher et d’harmoniser les vues entre les acteurs politiques notamment la majorité au pouvoir et l’opposition politique en vue d’un agenda commun avec des objectifs clairs et précis du dialogue sans énerver la Constitution de la RDCongo.

Pour la VSV, si le dialogue national n’a réellement pour objectif que l’organisation d’un processus électoral apaisé, complet, inclusif et crédible, comme repris dans l’ordonnance signée par le Président de la République, samedi 28 novembre 2015 en respectant la Constitution de la RDCongo et l’alternance politique en 2016, il serait souhaitable que tous les acteurs de l’opposition politique y prennent part active.

La VSV invite les acteurs politiques de l’Opposition qui, pour des raisons tout à fait légitimes hésitent encore à rencontrer le facilitateur, le moment venu, de ne pas commettre l’erreur de décliner d’éventuelles invitations à eux adressées par ledit facilitateur mais plutôt de rencontrer ce dernier, de l’écouter et à l’occasion de présenter leur cahier des charges consécutives au respect strict de la Constitution.

En effet, aucun bon consensus ne peut sortir du néant sans que les acteurs politiques en présence ne se rencontrent et ne se parlent.

La VSV attire cependant l’attention des autorités congolaises sur le danger qui guette le dialogue national inclusif en RDCongo. Tirant les leçons de l’expérience des dialogues politiques antérieurs et des concertations nationales, il revient à la VSV que bon nombre d’acteurs politiques de la majorité au pouvoir comme ceux de l’opposition politique qui soutiennent le dialogue le feraient en perspective du partage des postes et autres fonctions juteuses à la fin dudit dialogue national. Il est donc impérieux de n’envisager, avant, pendant et à l’issue du dialogue aucun partage des postes ni des fonctions afin d’éviter des désillusions, déceptions et frustrations susceptibles de ne pas favoriser la cohésion nationale et la consolidation de la démocratie en RDCongo.

En définitive, la VSV demande

Aux autorités rdcongolaises :

– de donner des signaux clairs et forts en faveur d’un dialogue national inclusif en faisant libérer tous les détenus et prisonniers politiques en RDCongo qui croupissent encore à la Prison Centrale de Makala ou dans d’autres cachots et prisons de la RDCongo ;

– de respecter la loi portant organisation et fonctionnement des partis politiques en mettant fin au dédoublement des partis politiques n’ayant pour seul objectif que de fragiliser les opposants politiques qui ne s’inclinent pas aux points de vue de la majorité au pouvoir.

Au facilitateur Edem Kodjo :

– d’œuvrer, pendant les pré-consultations pour la tenue effective et la réussite du dialogue politique national inclusif en persuadant la majorité au pouvoir d’élaguer de leur agenda les matières qui suscitent des craintes et autres appréhensions consécutives à la violation de la Constitution de la RDCongo et au non respect de l’alternance politique.

Fait à Kinshasa, le 19 janvier 2016.

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)